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je ne voulais pas ça. (eugen)

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#twits : 31
MessageSujet: je ne voulais pas ça. (eugen) Mer 13 Aoû - 16:56

La sonnerie de ton téléphone te réveille. Un grognement sort d'entre tes lèvres et fait vibrer tes cordes vocales tandis que tu tâtonnes ton matelas à la recherche de ce foutu portable. Lorsque tu le trouves, tu appuis sur une touche au hasard, la tête enfouit dans ton oreiller. Tu balances ensuite ton appareil électronique hors de ton lit, puis grogne une nouvelle fois. Tu veux encore dormir, putain. T'es crevé. Tu t'es couché tard hier. Tu entends des bruits de pas passer devant ta porte avant de s'éloigner pour finalement disparaître. Le silence te berce une nouvelle fois et tu soupires d'aise, tentant de te rendormir. Tu n'y arrives pas. Maintenant que t'es réveillé, tu sais qu'il t'est impossible de te rendormir. Tu fronces le nez et roules sur le lit pour t'allonger sur le dos et non sur le ventre comme tu l'étais quelques secondes plus tôt. Tu lèches ta lèvre inférieure en te redressant, puis passes une main dans tes cheveux pour les remettre en place. Tu soupires et ouvres difficilement les yeux ; la lumière présente dans la pièce les aveuglant. « Bordel ... » Grognes-tu d'une voix rauque en te levant. Tu marches jusqu'à la salle de bain relié à ta chambre ; complètement nu. Pourquoi dormir habillé, après tout ? Tu t'étires et vas prendre une douche, prenant ton temps. Tu regardes ton corps en te lavant. Plus narcissique que toi, tu meurs. Tu souris faiblement d'un air narquois, puis sort de la cabine, t'essuyant en vitesse avant d'enfiler des vêtements de marque. Un jean moulant de couleur blanche, une chemise rayé bleu marine et blanche ainsi que l'un de tes innombrables caleçons Calvin Klein ; celui-ci étant turquoise. Tu ne sors jamais mal habillé. C'est … Impossible pour toi de bouger de ta chambre sans être un temps soit peu présentable. Tu souris d'un air satisfait, puis ébouriffe tes cheveux avant de sortir de ta pièce privée, descendant directement vers la cuisine pour te faire un café et pour prendre un beignet au nutella. Ton frère n'est pas là. Sûrement est-il encore avec l'une des foutues réunions du gang ? Tu soupires et sens ta lèvre supérieure se retrousser. Toi aussi, t'aimerais pouvoir participer à tout ça ; mais non. Non, toi, t'es le cadet. Le putain de cadet qui ne peut pas être l'héritier de tout ce réseau de mafieux.

Tu déjeunes tranquille, installé sur l'un des comptoirs de la cuisine avant d'enfiler des chaussures. Il est plus de quatorze heures et tu n'as pas vraiment envie de remonter les escaliers pour aller chercher ton téléphone. Tout comme tu n'as pas envie de voir tes amis aujourd'hui. Non. T'as plutôt envie d'aller voir Eugen. Tu ne sais pas vraiment pourquoi. C'est un peu comme si une force surhumaine forçait ton esprit à penser à lui.Tu hausses des épaules et sors de la maison en vitesse, mettant les mains dans les poches de ton jean avant de marcher jusqu'à la baraque du gamin peureux. Eugen est ton souffre douleur. Et par conséquent, il est le souffre douleur de toute ta bande. S'il aurait été riche, peut-être aurait-il eu un meilleur traitement ? Après tout, tu ne te basais que sur le fric quand tu étais gamin et – mouais. En fait, tu n'as pas changé avec le temps ; puisqu'il est toujours ta victime préférée. Tu souffles et t'arrêtes devant l'entrée avant de frapper à la porte. Personne ne te répond. Tu fronces les sourcils et appuies sur la poignée. La porte s'ouvre aussitôt et tu n'arrives à percevoir aucun bruit. Tu regardes autour de toi, suspicieux. Peut-être qu'il n'y a personne ? C'est tout de même bizarre que la porte soit ouverte. Tu hausses des épaules et la refermes derrière toi sans faire de bruit avant de monter en vitesse, allant devant la chambre de Eugen. Et si tu fouillais un peu ? Tu pourrais peut-être trouver des trucs amusant ? Tu souris d'un air amusé, puis pousse doucement la porte avant de te figer. « Eugen ?! »

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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Mer 13 Aoû - 20:49

Il lui a dit qu'il rentrerait tard ce soir. Il lui a dit que les Nylund étaient en effervescence, que l'opération du jour risquait d'être un peu dangereuse et qu'il se devait d'être là. Il lui a dit qu'il pourrait peut-être aller voir Sevan aujourd'hui, vu qu'il serait seul, un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal. Et le jeune homme a acquiescé, sans trop savoir pourquoi il le faisait alors qu'il était tout sauf d'accord. Il ne veut pas voir son père adoptif se tuer à la tâche pour cette famille maudite. Il ne veut pas aller tenir compagnie à celui qui lui fait espérer la solitude de tous ses vœux. Il ne peut pas oublier les humiliations répétées de Sevan. Il a beau tenir bon, affecter d'être indifférent, cela le fait souffrir. Au point que ses pensées, désormais, sont devenues un tourbillon incontrôlable de haine et de souffrance. Pourtant, il donne le change. Il se tient droit devant la porte, avec un sourire aux lèvres, à secouer légèrement la main pour saluer son père. Il ne veut pas qu'il se doute de quelque chose. Et il ne veut pas qu'il se souvienne de lui comme quelqu'un de triste. Faible, c'est bien suffisant. Il veut que son père se souvienne à jamais de ce dernier sourire. Un des rares sourires que le fils ait jamais accordé. Il ne prend pas la peine de refermer la porte derrière son père. Pour quoi faire ? Personne n'irait rien voler chez eux, n'importe qui sait que chez les Haywood-Smith, on ne lésine pas sur la sécurité. Les gens n'iraient pas imaginer qu'il puisse ne pas y avoir la moindre sécurité. Ils sont loin de s'imaginer ce qui va se passer, de toute façon. Eugen ne met pas l'alarme en marche, il est à la maison, son père serait capable de la faire sonner. Et il comprendrait trop vite. Beaucoup trop vite.

Il prend la peine de se faire un repas à midi. C'est stupide, cela peut être considéré comme du gâchis, mais il a envie de partir sur un bon souvenir. Bon, d'accord, ce n'est qu'un sandwich. Rien de bien gastronomique, mais cela lui suffit. C'est fou comme il a l'impression que ses perceptions se sont soudainement étendues. Même le pain de mie tout fade a un goût extraordinaire dans sa bouche. Est-ce cela, ce que l'on ressent quand on sait que tout va enfin finir ? Une peur secrète le retiendrait-elle ? Ce serait risible. Il retourne dans sa chambre, se change, enfile ses vêtements préférés ; ils sont tout simples, rien à voir avec les fringues coûteuses de ses amis : un jean offert par son père et auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux, un simple T-shirt uni d'un vert lumineux qui lui redonne toujours le moral rien qu'à voir son éclat. Il n'est pas compliqué, Eugen. Alors que Sevan refuserait même de toucher de tels habits, à part pour se moquer de lui, bien évidemment. En pensant à lui, Eugen sent une boule se former dans sa gorge. Sevan. Cet enfoiré. Ce connard qui se croit né de la cuisse de Jupiter et qui pense que le monde est à ses pieds... en même temps, leurs amis sont à ses pieds, ce n'est pas comme s'il n'avait pas de raison de le penser. Même Eugen. Rien que d'y penser, ses joues se colorent de honte. Il n'a jamais eu la force de lui dire non. Jamais eu le courage de lui demander d'arrêter. Il ne l'a même jamais supplié, jamais imploré. Il n'a même pas cette force-là, non, il est totalement passif, au point d'encaisser à en exploser. Mais il n'explose pas. Il s'explose lui-même. Désormais, c'est définitif, il ne retournera pas en arrière. La corde, il l'a achetée la semaine dernière. Il l'a cachée dans son armoire, là où son père n'ira jamais. Il a hésité. Il l'a sortie, il l'a rangée de nouveau. Cette fois, elle ne retournera plus dans sa cachette. Eugen l'accroche en l'air et commence à faire un nœud. Il a été voir sur internet comment le faire. Il n'a jamais essayé de se pendre : trop de risques de mourir. Eugen n'a jamais voulu se suicider, il a juste voulu montrer sa détresse. Aujourd'hui est un jour différent. Il se souvient de tout ce qu'il a enduré, et il a décidé d'y mettre fin. Il avait pensé d'abord à frapper Sevan au visage... mais force avait été de constater qu'il en est incapable. Son bras reste bloqué face à lui. Sa volonté est annexée par celle du jeune Nylund. Alors, il n'a pas eu le choix. S'il ne peut faire souffrir Sevan, c'est lui qu'il doit faire souffrir. Il monte sur le tabouret. Passe lentement la corde à son cou.

Et puis son prénom retentit dans la pièce. Prononcée par une voix familière mais affreusement désagréable. Une voix qu'il déteste plus que tout au monde, qu'il aurait souhaité ne jamais plus entendre. Et une silhouette qui se découpe dans l'encadrement de la porte. Un jeune homme au corps parfait, aux vêtements encore une fois parfaitement accommodés et plus chers que la paye annuelle de son père adoptif... et une expression inédite sur son visage. Surprise ? Incompréhension ? Peur, peut-être ? … si jamais il a peur, ce n'est pas pour lui, c'est de perdre son jouet favori. Ces gosses de riche ne savent pas éprouver autre chose que des sentiments d'appropriation. Eugen le regarde droit dans les yeux. C'est drôle. Il est prêt à mourir, alors c'est la première fois qu'il arrive à observer ses yeux. Ils ne sont pas exactement comme il l'imaginait... il n'y a pas de méchanceté dans ce regard. En même temps, comment être méchant quand on surprend son souffre-douleur en pleine tentative de suicide ? « N'approche pas. » Sa voix n'est pas faite pour commander, c'est une voix faible et douce. La voix d'un chanteur. Pourtant, il y a dans son ton une nuance d'autorité qui n'échappera pas à Sevan. Sevan ne sait pas qui est vraiment Eugen. Il ne sait pas que c'est un jeune homme d'une grande violence, qui est simplement retenu par sa timidité et sa volonté de s'arranger avec les autres. Il n'a sans doute jamais entendu parler des tentatives de suicide répétées d'Eugen, n'a jamais remarqué qu'il redouble le mal qu'on lui fait par le sien. Il ne comprendra rien. Et Eugen ne veut pas qu'il comprenne. « Oublie ce que tu as vu et... laisse-moi mourir. » Il est affreusement calme. Il est persuadé que connaître avec Sevan. Il va rire, il va se moquer encore une fois de lui, et puis il va le laisser. Il n'aura pas sa mort sur sa conscience, c'est un Nylund, il n'en aura rien à faire. Et il se trouvera quelqu'un d'autre pour jouer, voilà tout. C'est ce que pense Eugen. Il ne sait pas qu'il a tort. Qu'il vient d'enclencher un mécanisme qu'il ne pourra pas contrôler.
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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Mer 13 Aoû - 21:58

Tu n'aurais peut-être pas dû venir. Tu n'aurais jamais dû voir cette image d'Eugen. Tu restes figé à l'entrée de sa chambre, la poignée de la porte entre les doigts de ta main gauche. Ton cœur se serre et ta respiration se fait difficile. T'es complètement choqué. Eugen va si mal que ça ? Brusquement, tu te rends compte que tes humiliations sont allées trop loin. Est-ce à cause de toi s'il désire à présent … mourir ? Tu déglutis en fixant la scène qui se présente devant toi. Eugen et sa bouille de gamin. Eugen et une corde autour du cou. Eugen et un regard vide. Il veut vraiment mourir ? Pourquoi abandonne-t-il ? Lui qui ne s'est jamais rebellé, lui qui a tout accepté sans broncher ; serait-il si faible d'esprit ? Tu détestes les gens qui se suicident. Tu détestes tout autant se qui essaient de se suicider. Que dire ? Que faire ? Malgré le fait qu'il soit ton souffre douleur, tu ne veux pas le voir mourir. Tu restes immobile, le fixant de tes yeux ahuris. Il te regarde, lui aussi. Est-il choqué de te voir ici ? Tu n'en sais rien et tu ne veux pas le savoir. Tu es bloqué sur la corde prête à lui couper la respiration. Tu ne veux pas qu'il le fasse. Non. Et tu ne sais même pas pourquoi. Parce qu'un Nylund n'est pas censé avoir de pitié. Parce qu'un Nylund ne devrait pas ressentir de compassion pour qui que ce soit. Parce qu'un Nylund ne s'attache pas à un être fragile. Soudainement, Eugen parle. Il te demande de ne pas approcher et tu fronces légèrement les sourcils. Pourquoi ? Croit-il vraiment que tu vas partir comme un lâche et le laisser crever ? Tu n'es pas aussi mauvais. Dans le fond, il n'a jamais rien fait de mal contre toi. Il ne t'a jamais frappé, il ne t'a jamais désobéit, il a toujours été docile et compréhensif. Toi en retour, tu t'es toujours foutu de sa gueule ; alors que ce gamin ne voulait être que ton ami. T'es qu'un enfoiré, Sevan. Et tu le sais. Tu le sais très bien, mais tu t'en fous. Oh oui. Tu t'en contrefiche, parce qu'après tout, tu as toujours été comme ça. Pourtant, Eugen éveille brusquement en toi l'envie de le protéger. Pourquoi maintenant ? Pourquoi après toutes ses années de malheurs et d'humiliations ? Et puis, tu n'as pas envie de le protéger ! C'est … Oh putain, merde. Tout ça, c'est de sa faute. Parce qu'il te semble si faible aujourd'hui. Parce que tu ne veux pas avoir sa mort sur la conscience.

Tu continues de le fixer sans rien dire, trop choqué pour pouvoir dire quoi que ce soit. Encore une fois, c'est la voix du jeune Haywood-Smith qui te rappelle à la réalité. Tu souffles et rentres dans la chambre après avoir fermé la porte derrière toi. Il te demande de partir et d'oublier ce que tu viens de voir ? Comment peut-il penser que tu es capable de faire cela ? Tu déglutis et le regardes. « J'oublierais pas ça, jamais, Eugen. Que penserait ton père si tu tuais ? » Demandes-tu en t'approchant doucement. « Fais pas l'con … » Tu plantes ton regard dans le sien, lui montrant ainsi toute ton inquiétude. Car en effet, malgré ton côté « gros dur », tu sais te montrer gentil et doux. Seulement, rares sont les personnes qui peuvent te voir ainsi. Aujourd'hui, tu oses te montrer ainsi devant Eugen. Tu veux le mettre en confiance. Tu ne veux pas qu'il meurt. Pas comme ça. Tu finis par être devant lui et tu attrapes la corde entre tes doigts. « J'suis pas là pour te regarder crever, ni même pour te laisser faire ça. » Dis-tu avant de froncer le nez. Tu ne lui laisses pas le temps de réagir et lui enlèves la corde du coup avant de l'attraper par le col. Finalement, tu le plaques contre le mur le plus proche et le toises du regard. Pourquoi voulait-il mourir ? Le veut-il réellement ? Est-ce que c'est l'un de tes amis qui lui a dit de faire ça ? Pourquoi ? Pourquoi voudrait-il quitter ce monde aussi lâchement ? Tu n'aimes pas les lâches. Tu détestes ça, même si dans le fond, tu l'es aussi, à t'en prendre à lui quand tes amis sont là. Tu regardes son cou, puis t'éloignes de lui. « J'te pensais pas aussi stupide, Eugen. Pourquoi t'as voulu faire ça ? Quelqu'un t'a demandé de le faire ? Quelqu'un t'a fait des menaces de mort ? » Demandes-tu, comme si ton inquiétude était une chose normale. Tu le regardes, les sourcils toujours froncés. Eugen ne va sûrement pas comprendre ton changement d'attitude envers lui. Sûrement, va-t-il mal réagir, mais tu t'en fous. Tu ne veux pas qu'il s'approche une nouvelle fois de cette fichue corde. Il ne peut pas mourir. Il doit vivre. Parce qu'il est ton souffre douleur. Ou plutôt … parce qu'il l'était. Comme vas-tu pouvoir lui faire du mal, maintenant que tu l'as vu entre la vie et la mort pendant quelques secondes ? Tu sais qu'à présent, tout va changer. Ou plutôt, tu sais que tu vas changer ton comportement envers lui. Eugen ne mérite pas de mourir. Non.

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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Mer 13 Aoû - 22:43

Laisse-moi mourir. Il n'aurait jamais pensé dire cela à Sevan Nylund. Il n'est pas dans son état normal. Même quelqu'un d'aussi lamentable que lui a toujours envie de vivre. Une petite flamme qui brûle à l'intérieur de son cœur. L'espoir. Mais là, rien du tout. Juste un vide profond, qui lui semble impossible à combler. C'est comme s'il était déjà mort... il n'y a plus que son corps qui vit. Et pourtant, n'est-ce pas de la tristesse qui s'empare de lui alors qu'il pose les yeux sur Sevan ? Qu'il le laisse. Il a toujours été sauvé, mais il n'a pas été sauvé cette fois. C'est difficile à expliquer, mais il a juste envie de lui échapper. De ne plus être son souffre-douleur. Parce qu'il sait bien qu'une autre relation serait impossible, alors... autant choisir la seule solution possible. Pour une fois, il est plus calme que Sevan. C'est son « ami » qui est pris de court. C'est la première fois que c'est Eugen qui dicte les règles du jeu. Il devra bien réagir en conséquence... il ne peut pas l'assommer par son mépris, cette fois. Oui, Sevan est choqué. Il a toujours été aveugle. A croire que l'on pouvait faire ce que l'on voulait sans devoir en assumer les conséquences... eh bien, ce sera au moins une fierté qu'aura Eugen, il lui aura montré qu'il y a toujours un prix à payer. Il sera inoubliable... comme une épine dans son pied - son cœur n'en sera pas affecté, ce petit salaud n'en a pas. Et il sait frapper là où ça fait mal. Il ne fait pas semblant d'être affecté par sa tentative ; le jeune homme est persuadé que la seule chose qui le dérange, c'est l'idée d'en être responsable. Il lui parle de son père. Eugen se crispe. Son père. Encore une chose que Sevan ne sait pas, le secret qui les lie est sanglant. Il ne sait pas que le seul héritage que ce père peut donner à un tel fils, c'est la mort. Elle leur tourne autour. Elle les considère comme de vieux amis fidèles. Son père adoptif aurait mal. Mais il a tué ses vrais parents, il saurait surmonter cette perte. Après les vieux, l'enfant... Pourquoi alors, tandis que Sevan s'avance, n'arrive-t-il pas à faire basculer le tabouret, pour mourir sous les yeux de son « ami », la nuque brisée ? Ses pieds restent obstinément collés à la surface. Ce n'est pas aussi facile que cela de se donner la mort, et le Nylund vient d'introduire le doute dans son cœur. Son père, il en dira quoi ? Sans doute... que c'était de famille.

Pourquoi Sevan se montre-t-il aussi doux, aussi gentil ? Cela ne colle pas avec son image d'enfoiré. Ce n'est qu'une façade. Il cherche à le convaincre de ne pas le faire. Il veut lui montrer qu'il y a du bon en lui... mais c'est faux, Eugen en est sûr. Ça se saurait, si c'était le cas. Il se serait rendu compte plus tôt de ce qu'il faisait. Sevan attrape la corde qui emprisonne le coup d'Eugen, et le jeune homme ne bouge pas. Il pourrait. Il n'a pas l'habitude de le faire, alors il ne le fait pas. L'emprise qu'a Sevan sur lui n'a pas disparu. Il ne veut pas de cela, et Eugen n'arrive pas à l'empêcher de faire ce qu'il veut... comme toujours. Il ne peut pas faire valoir sa volonté de disparaître, celle de Sevan est trop forte pour lui. A peine a-t-il ôté la corde de son cou qu'il s'empare de lui, l'envoie valser au loin, rejoindre le mur. Est-ce l'habitude ? Eugen se réceptionne sans même y penser, il limite les dégâts, même si le choc lui coupe tout de même le souffle. Son cœur se met tout à coup à battre la chamade ; son calme se brise en mille morceaux. Il est toujours en vie... et plaqué contre un mur par sa Nemesis. Eugen baisse les yeux, retenant à grand-peine son corps de trembler. C'est un cauchemar. Il est là. Juste contre lui. Seul dans sa chambre. Eugen a peur. Puis Sevan s'éloigne, et il prend une longue inspiration. Il se doute bien que ce n'est pas terminé. Sevan ne va pas le laisser comme ça, maintenant. Qu'est-ce qui lui prend, au juste ? Est-il trop attaché à son souffre-douleur pour le laisser partir ? Sans doute est-ce cela. Il aime le faire souffrir, il est irremplaçable à ses yeux. De nouveau, Eugen sent une boule se former dans sa gorge. Mais les questions de Sevan... est-il si aveugle ? Quelque chose se remet à brûler à l'intérieur d'Eugen. Une colère étrange, froide, qui n'en est pas une. Parce qu'il n'est pas vraiment énervé... mais il a envie de lui répondre. « C'est toi qui me l'a demandé. » : rétorque-t-il d'un ton glacial, pour bien lui faire comprendre que c'est de sa faute à lui. Il ne lui a rien demandé directement, mais c'est bien son attitude, ses humiliations qui l'ont poussé à vouloir ne plus être. Sinon, il aurait continué sa vie sans être heureux, mais sans malheur non plus. On peut vivre comme ça, dans cet état où on ne ressent pas grand-chose. C'est une vie d'automate, mais ça vaut mieux que la mort. Sauf que même cette existence-là est impossible avec Sevan.

Il frissonne. Il a failli y passer. Et c'est lui qui l'a sauvé. Pourquoi a-t-il fallu que ce soit lui qui vienne dans sa chambre ? Il aurait encore préféré que ce soit son père. Au moins, il aurait pu lui parler sincèrement. Il lui aurait dit ce qu'il avait sur le cœur, il aurait pleuré dans ses bras, il se serait laissé aller. Mais non, face à ce connard, il faut qu'il se contrôle. De toute façon, impossible d'être spontané, il n'y arrive tout simplement. Il relève les yeux et observe le visage fin de Sevan. S'il avait pensé le voir comme ça un jour... il aurait fait une telle tentative sous son nom plus tôt. « Eh bien, tu ne rigoles pas, Sevan ? … Je souffre, c'est ça que tu aimes, non ? » Sa voix est étonnement neutre. Comme s'il ne cherchait pas à lui faire du mal à son tour... non, en fait, il ne le cherche sans doute pas. Il veut juste comprendre. Tel qu'il connaît Sevan, il l'aurait peut-être sauvé, mais il l'aurait charrié ensuite. Il aurait tout fait pour lui montrer qu'il est lâche et faible... Sauf qu'il ne fait rien. Il regarde, il veut sans doute l'empêcher d'approcher de la corde. Là-dessus, pas de souci, il a bien compris qu'il n'en a pas le droit, et il ne compte pas désobéir. Il ne peut pas. Il penche légèrement la tête de côté, toujours envahi par la panique. « Tu n'en as rien à faire de mon père... » Puis, penchant légèrement le regard au niveau de ses lèvres, il ajoute : « Ni de moi. » Il veut voir ces lèvres bouger quand il lui parlera. Il veut être sûr que c'est bien Sevan qui lui parle. Il est trop bizarre. Trop... gentil. Sans doute trop choqué pour se comporter comme un salopard. Mais Eugen n'apprécie pas vraiment la situation. Il lui en veut de l'avoir sauvé.
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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Jeu 14 Aoû - 11:23

Se donner la mort est quelque chose de stupide. Mourir est quelque chose de cruel. Pourquoi voudrait-on quitter ce monde ? Même lorsque tout va mal, pour toi, il faut savoir se relever et se battre. Dans le fond, t'aurais aimé qu'Eugen se rebelle un peu parfois, peut-être qu'il serait monter dans ton estime et que t'aurais fini par le lâcher. Hors, il ne s'est jamais montré rebelle, le gamin. Il a toujours été docile et c'est pourquoi il a toujours été ton souffre-douleur préféré. Regarde, même encore maintenant, quand tu le plaques contre un mur, il se tait et te regarde. Quel imbécile. Ce serait tellement plus amusant s'il avait du répondant. Ou peut-être pas en fait. Finalement, le maître se serait-il attaché à l'esclave ? Ce serait tout de même assez bizarre. Presque impossible et pourtant … Pourquoi l'as-tu sauvé ? A quoi cela t'avance-t-il ? Sa mort ne devrait rien te faire et pourtant, rien que de penser au fait qu'il aurait pu se donner la mort sans que tu puisses le sauver te serre le cœur et t'énerve. Tu t'éloignes finalement de lui en parlant, le fixant d'un air ahuri. Tu te crispes en l'entendant te répondre. Toi ? T-toi ?! Tu ne lui as jamais demandé cela ! Tu ne l'as jamais menacé de le tuer, putain. Tu n'veux pas ça. Tu pourrais tuer n'importe qui, mais bizarre, maintenant que tu y penses, tu ne veux pas voir le corps d'Eugen sans vie. Pourquoi, hein ?! Pourquoi ton regard change-t-il brusquement sur cet abruti ? La pitié te rendrait-elle sympathique ? Non. Non, ce n'est pas de la pitié. Un Nylund ne ressent jamais de compassion. Il n'en a pas le droit. Un Nylund et fort et se montre être un cœur de glace. Alors, pourquoi Eugen te rend-il comme ça si brusquement ? Sans prévenir ? Juste en faisant une tentative de suicide ? Tu ne comprends pas et dans le fond, tu ne veux pas comprendre. T'as trop peur de découvrir ce qu'il se passe dans ta tête. Tu sais très bien que tu es fautif, mais tu ne veux pas l'entendre te dire que tu l'as poussé à faire ça. L'humilier n'est qu'un jeu, pas … pas une demande de mort. Tu n'y jamais pensé d'ailleurs ; même lorsque tes amis te demandaient s'ils pouvaient l'abîmer un peu avec des objets coupants. Tu n'as jamais accepté ça. Souvent, ils t'ont fait la remarque. Souvent, t'ont-il dit que tu devenais trop gentil avec lui, mais non, au contraire. Tu ne voulais pas … qu'on te l'abîme ? Oui. C'est ça. C'est sûrement ça. Eugen est ton jouet. Il n'y a que toi qui puisse lui faire des marques. Seulement toi. C'est déjà un grand exploit lorsque tu restes calme en voyant les bleus sur son corps qui ne viennent pas de toi. Cette relation est malsaine, Sevan. T'es malsain. Un vrai psychopathe.

Tu grognes en l'entendant te parler à nouveau. Pourquoi rigoler ? On n'rigole pas avec la mort. Combien de gens as-tu vu mourir, Sevan ? Plusieurs. Ton père ne sait pas que parfois, tu l'espionnais étant enfant. Tu l'as vu tué bon nombre de gens sans qu'il le sache et tu le regrettes amèrement. Tu n'aurais jamais voulu voir les yeux innocents de ces personnes, ni même la douleur sur leur visage. Tu souffles et serres les poings en le toisant du regard. « Je ne t'ai jamais demandé de mourir, Eugen. Je ne rigolerai pas. On ne rigole jamais devant la mort, tu devrais le savoir. Tout le monde le sait. Ou alors, t'es juste trop con pour le savoir. » Souffles-tu d'une voix rauque, tant sa réaction t'énerve. Il se montre moins docile, le gamin. Cela éveille ton impulsivité. T'as envie d'abîmer son visage enfantin. T'as envie d'y laisser tes marques. De le marquer comme tien. Comme ta propriété ; ton objet, ton jouer, ton souffre-douleur. Tu te crispes en te rendant compte de tes pensées. T'es complètement barge, Sevan. Ce mec t'obsède complètement et c'est seulement maintenant que tu t'en rends compte. Tu fronces le nez et fais craquer ta nuque en fermant les yeux quelques secondes. Tu reprends ensuite la corde entre tes doigts, puis la balance par la fenêtre après avoir ouvert cette dernière. Tu te tournes vers lui, le fixant d'un air hautain. « Tu m'appartiens Eugen. T'as pas le droit de mourir tant que moi, j'suis pas mort. T'es à moi. Tu es mon jouet, Eugen et jamais ça ne changera. Je ne veux personne d'autre. Y'a que toi. » Dis-tu avant d'hausser les épaules en enfouissant tes mains dans les poches de ton jean. Tu sais qu'il a sûrement te prendre pour un fou, mais tu t'en contre fiche. Tu t'approches doucement de lui, soudainement plus sûr de toi. « Pourquoi tu ne te défends jamais, hein ? T'es si faible que ça, Eugen ? Sans moi, les autres t'auraient fait subir bien pire que c'que tu connais. Alors ne viens pas m dire que je souhaite ta mort. On n'rigole pas avec ce genre de choses. » Lui dis-tu froidement en le toisant du regard. Il doit comprendre que tu lui parles sincèrement. Sans toi, les autres auraient déjà posés leurs sales mains sur lui à des endroits trop intimes. Sans toi, ils auraient abusé de lui un nombre incalculable de fois. Sans toi, il aurait des marques partout sur le corps. Des marques qui ne partent pas. Combien de fois les as-tu arrêté dans leur sadisme ? Tu aurais pu accepté leurs idées, mais tu ne l'as jamais fait. C'est toi qui dicte le jeu. Toi et toi seul. Ainsi, personne ne touche de trop prêt ce gamin.

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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Jeu 14 Aoû - 11:57

Pour une fois, Eugen a agi de façon parfaitement égoïste et a d'abord pensé à lui-même. C'est tellement rare qu'il se comporte ainsi. Lui qui supporte tout a estimé qu'il devait cesser de tout supporter. Et a choisi la seule solution qui lui paraissait accessible... mais maintenant, c'est trop tard. La réalité a repris ses droits. Cette parenthèse de rêve se clôt, et le visage de Sevan lui fait face pour lui rappeler qu'il ne pourra pas s'échapper. Il se sent étouffer, alors même que son souffle entre et sort de ses poumons sans le moindre effort. C'est lui qui a provoqué tout cela. Lui qui est un de ces Nylund maudits, il ne devrait pas avoir du mal avec la mort. Pour le coup, Eugen est plus proche d'un Nylund que lui : il ne craint pas de l'affronter. Bien sûr, il serait incapable de la donner. Il est déjà incapable de dire quelque chose de méchant à Sevan, et pourtant, ça lui ferait du bien de le traiter d'enfoiré à voix haute. Mais le mot ne franchira jamais le seuil de ses lèvres, il reste toujours coincé au fond de sa gorge. Et l'enfoiré qu'il destinait à être Sevan devient lui-même. Le mal est à l'intérieur de son corps, et il ne peut s'empêcher d'essayer de le faire sortir par tous les moyens. C'est aussi une façon de lui échapper. De lui montrer qu'il peut être pire que lui, qu'il ne le laissera pas être son seul et unique bourreau. D'ailleurs, Sevan a-t-il déjà compris qui provoquait toutes ces marques qui parsèment son corps ? A-t-il remarqué que le coupable n'était nul autre que lui-même ?

On ne rigole jamais devant la mort. Même Sevan s'en rend bien compte. Le suicide d'un de ses amis-souffre-douleur ne l'aurait pas fait rire. C'est au moins un petit réconfort, même si Eugen ne se sent pas bien d'être encore en vie, avec lui. Il sent sa colère et cela lui fait peur. Il a toujours peur de sa fureur. Il sait qu'il pourrait être balayé si Sevan s'énerve, sans doute est-ce pour cela qu'il a toujours choisi l'obéissance. Pour ne pas l'énerver. Pas par crainte de représailles, non. Il a cherché à conserver un minimum de dignité, juste une touche de dignité, tout juste ce qu'il faut pour rester humain. Son regard ne quitte pas le visage de Sevan, empli de sérieux. « Moi non plus, je ne rigolais pas. » Il ne discutera pas le reste. Parce que Sevan a raison. Et parce qu'Eugen est d'accord avec lui. Il devrait être rassuré par son attitude, mais cela lui est impossible. Sevan va jeter la corde par la fenêtre, et le jeune homme l'observe faire sans réagir. Il pourrait lui dire qu'elle pourrait toujours servir à autre chose, que c'est dommage de gâcher une corde d'aussi bonne qualité... mais Sevan ne le croirait pas. Il ne comprendrait pas qu'Eugen ne touchera plus jamais une corde juste parce que lui a dit qu'il ne le voulait pas. Ce n'est pas comme s'il n'y avait pas d'autres moyens de mourir, de toute façon. Il n'empêche, c'est de l'argent jeté littéralement par les fenêtres, cela le dérange un peu.

Il lui appartient. Eugen frissonne. C'est exactement ce qu'il voulait éviter. Cette déclaration le détruit de l'intérieur. Il le savait déjà, au fond. Il ne voulait juste pas que cela devienne réalité, comme c'est le cas maintenant. A présent, les mots ont éclaté en l'air, impossible de faire comme s'ils n'avaient été jamais prononcés. Un jouet. Voilà ce qu'il est aux yeux de Sevan. Il le savait, il en a l'habitude, et pourtant, il a envie de pleurer quand il entend cela. Cela marque sa défaite. Il n'a pas réussi à se soustraire de son influence, et maintenant, les choses sont claires. Il est là pour l'amuser. Non, il ne prend pas Sevan pour un fou. Il le déteste. C'est tout. Parce qu'il a raison, en plus... c'est bien comme ça qu'elle est, leur relation. Ça le dégoûte. C'est pour cela qu'il voulait en finir. Mais il n'ira pas jusqu'à se confier à lui. S'il ressent le besoin de parler, il trouvera n'importe qui, même un parfait inconnu, mais Sevan sera le dernier sur la liste. Il n'a rien fait pour mériter ses confidences. Même son sauvetage n'est qu'un acte égoïste, celui d'un gamin gâté qui ne supporte pas qu'on le prive de son jouet préféré. Voilà comment est Sevan. Et Eugen aurait envie de lui dire que c'est non, qu'il ne veut pas. Au lieu de cela, il se contente de répondre : « D'accord. » Il fera ce qu'il veut. Ce n'est pas comme s'il pouvait vraiment l'en empêcher...

Sevan s'approche de lui, un peu à la manière d'un loup. Et ose prétendre qu'il l'a protégé pendant tout ce temps. Cela suffit à mettre Eugen en rage. Lui qui est toujours si calme explose comme une bombe à ce moment-là. Il regarde Sevan droit dans les yeux, d'un regard empli de haine et de mépris. « C'est ton attitude qui m'a poussé à cette extrémité. Ce sont tes actes qui m'ont donné envie de mourir. Ne rejette pas la faute sur les autres, Sevan. Les autres ne font que te suivre. C'est parce que toi, tu m'as placé dans cette position qu'ils sont comme ça. Ils veulent te plaire, ils veulent que tu les reconnaisses. Ils seraient prêts à tout pour cela, ils obéissent au moindre de tes ordres. C'est de ta faute. » Eugen n'en veut pas aux autres amis... enfin, si, un peu quand même. Mais aucun n'a jamais provoqué cette même haine dévorante. Aucun ne l'a poussé à bout comme l'a fait Sevan. Ce ne sont que des chiens. Ils veulent faire comme le maître, et pour cela, ils sont prêts à se montrer plus cruel que lui. Pour Eugen, c'est comme ça que ça a toujours marché. C'est de la faute à Sevan et il n'en démordra pas. « Et moi aussi, je suis comme cela. » : ajoute-t-il sans la moindre amertume dans sa voix. Il est totalement résigné à cela, il a accepté le fait qu'il ne vaut pas mieux que les autres. Qu'il fait aussi partie de cette meute de chiens qui suit Sevan comme son ombre.
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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Jeu 14 Aoû - 14:03

Ce gamin t'énerve. Oh oui, qu'il t'énerve. Lui et sa tête innocente. Lui et son regard doux. Lui et sa voix mélodieuse que tu entends parfois même quand il n'est pas là. Il te rend fou. Fou de rage. Fou de tout. Tu ne veux pas t'avouer être dingue de ce mec. Pas dans le sens où t'as des sentiments pour lui, non.Enfin, tu n'préfères pas penser à ce genre de conneries. C'est juste … Il te le faut et c'est tout. Eugen et toi, c'est un peu comme une évidence. Il faut qu'il soit près de toi, même si tu le brises de plus en plus au fil du temps, même si tu lui du mal. Tu t'en veux. Parce que tu sais très bien que tout ça, c'est d'ta faute. Si t'étais gentil avec lui, jamais il n'aurait essayé de se suicider. Peut-être aurais-tu dû ouvrir les yeux plus tôt ? Oui. Sûrement. Se fait-il mal autrement ? Ton ventre se noue. Il n'y a que toi qui puisse lui faire du mal. Toi et toit seul. Même Eugen ne peut pas se blesser lui-même. Tu le lui interdis. Silencieusement évidemment. Tu paraîtrais encore plus fou si tu lui disais cela. Il ne rigolait pas, hein ? Et alors ? Le plus fort des deux, c'est toi. Tu le soumets et il se laisse faire, cela à toujours été ainsi. Il est hors de question qu'il se donne la mort. S'il doit mourir un jour, ce s'ra de tes propres mains, mais tu n'veux pas que ça arrive. Eugen doit vivre. Tant que ton cœur bat, tu n'veux pas qu'il soit trop loin de toi. C'est bizarre. C'est tordu. C'est malsain. C'est illogique. T'en as bien conscience, mais t'es un Nylund. Et les Nylund ont tous un problème. Finalement, tu l'entends te dire qu'il est d'accord. Alors, c'est bon ? Il n'essaiera plus de se tuer ? Tu laisses un soupire de soulagement s'échapper d'entre tes lèvres. Pas besoin de le cacher. De toute façon, Eugen sera le seul à être au courant de cette conversation. Le seul qui saura à quel point il t'obsède, à quel point il t'appartient. Votre relation est ainsi parce que tu l'as décidé. Mais elle peut aussi changer si tu le souhaites, évidemment. Tes sbires ne feront rien de mal contre Eugen si tu leur ordonnes de ne pas le toucher. Ils ne comprendront pas, certes, mais toi, tu t'en fous. Plus les années passent et plus tu ne le veux que pour toi-même.

Tu t'approches doucement de lui. Ta démarche est gracieuse, presque féline tandis que tu fixes le noiraud d'un air hautain. C'est toi le maître du jeu. Toi seul décide de ce qu'il advient d'Eugen. Il est tient depuis le jour où tu as posé les yeux sur lui. Un peu comme une évidence. C'est un foutu coup du destin et pourtant, t'apprécies cela. Après tes paroles, tu vois le regard de ton souffre-douleur changer. Il te fixe avec rage, avec mépris, avec haine. Il te déteste. Et le fait qu'il ressente autant de rage à ton égard éveille en toi un désire envers lui encore inconnu jusqu'à maintenant. Son air froid te fait frissonner. Mais pas de peur, non. C'est limite de l'excitation. Tu soutiens son regard, pas du tout apeuré par son changement d'attitude. Il subit beaucoup de choses depuis qu'il est gosse, il ne peut pas être totalement innocent. Tu sais très bien qu'il rêve de te frapper, qu'il meurt d'envie de t'insulter et pourtant, il ne le fait pas. Pourtant, tu ne lui as jamais donner l'ordre de ne pas le faire. Tu te crispes et serres les dents en l'entendant. De ta faute ? Ta faute à toi ? Non. Tu ne peux accepter cette vérité. Eugen n'a pas le droit de te mettre tout sur le dos. Tu ne leur as jamais demander de t’obéir aussi bêtement. Tu aimes le pouvoir. Tu aimes te sentir puissant, adulé, respecté. Le simple fait de savoir que des personnes te sont aussi soumises t'amusent, te fait te sentir invincible. Et c'est ce que tu es. Personne ne touche au cadet des Nylund sans en subir de lourdes conséquences. Tu grognes en entendant sa dernière phrase et le plaques de nouveau contre le mur, frappant ce dernier juste à côté de sa tête. Ta main craque et tu la retires, laissant une trace de sang sur le mur de sa chambre. Tes phalanges saignent, mais tu n'as pas grimacé, comme si la douleur était un cadeau à tes yeux. « Je ne voulais pas ça, Eugen. Je n'ai jamais désiré ta mort. Jamais, tu m'entends ?! » Répètes-tu pour bien lui faire comprendre que tu ne voulais vraiment pas qu'il tente de se donner la mort. Tu poses une main sur son épaule et plonges ton regard dans le sien. Tu détailles son visage, tes yeux glissant sur ses pommettes, son nez en trompettes, ses lèvres pulpeuses. Tu le regardes avec une envie sauvage. Pour le blesser, t'aimerais mordre ses deux croissants de chaires avec violence, mais Eugen pourrait prendre ça autrement. Tu ne veux pas qu'il se fasse des idées. Tu le relâches doucement et grognes. « Que veux-tu dire par « et moi aussi, j'suis comme ça ? », Eugen ? Tu veux que je te reconnaisse ? Tu n'es rien, Eugen. Ton père n'est pas riche, il bosse pour le mien. J'étais qu'un gamin capricieux et j'le suis toujours. J'voulais m'amuser, mais maintenant, c'est pire que ça. C'pas de l'amusement, c'est une envie. Parce que je peux rien faire d'autre, je te blesse. Parce que je l'ai toujours fait et que je ne me vois pas faire autre chose. » Souffles-tu sans détourner les yeux. « Les autres ne te toucheront plus. » Te jures-tu à toi-même, le nez froncé. Personne ne le touchera. Plus jamais. Juste toi. Seulement Sevan Nylund.

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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Jeu 14 Aoû - 15:53

Il est trop tard désormais pour prétendre se satisfaire de sa situation. Son malaise est visible maintenant. Et le fait que ce soit Sevan qui s'en soit rendu compte ne fait qu'empirer les choses. Il sait ce qu'Eugen a toujours voulu lui cacher, c'est un peu comme s'il découvrait son pire secret - même s'il en cache un bien pire - et qu'il pénètre dans son jardin secret avec une tronçonneuse à la main, prêt à tout détruire si ce qu'il voit ne lui convient pas. Après tout, il est dans sa chambre - son repaire secret, là où aucun de ses amis n'a jamais eu l'occasion d'entrer, et où Sevan n'aurait jamais dû mettre les pieds. Oh, c'est vrai. S'il lui appartient, il doit s'attendre à ce que son « ami » vienne dans sa chambre comme il le veut, il n'est pas censé se plaindre. Il a bien choisi son moment, Sevan. Juste celui où il aurait pu le perdre. Peut-être que c'est le destin qui rappelle Eugen à l'ordre. Qui a choisi sa Nemesis pour le sauver, parce qu'il savait que c'était la seule chose qui pouvait encore bouleverser le jeune homme. Foutu destin. Il lui semble impossible de s'en échapper, même la mort lui est refusée. Alors il ne lui reste plus qu'à espérer que ce que lui veut Sevan ne va pas le pousser dans ses derniers retranchements. Il ne veut pas devenir fou. Il peut tout supporter du moment qu'il a toute sa tête. Le jour où il sombrera dans la démence, il ne restera plus grand-chose de lui... pas même la touche de dignité qu'il lui reste. C'est elle qui le pousse à répondre alors qu'il ne voudrait qu'acquiescer aux paroles de Sevan, même s'il n'est pas d'accord, par simple facilité. Il est tellement plus évident de faire comme cela. Oui, mais voilà, sa haine est bien réelle, et s'il ne la sort pas maintenant, elle s'extériorisera plus tard. A un moment inopportun. Pourquoi son père adoptif rentre-t-il tard, ce soir ? Eugen aimerait trouver un refuge entre ses bras. Ceux de Sevan lui feraient plutôt l'effet de griffes se refermant sur lui, tel un piège mortel. Ce sont ses bras qui le plaquent contre le mur, sa main qui s'abat si proche de sa tête qu'Eugen se fige comme un animal apeuré. Sevan n'est pas du genre à exploser facilement, sinon, au vu de son ego, il se transformerait en bombe à la moindre petite contrariété et serait invivable au sens littéral du terme. Non, il a un minimum de contrôle sur ses actes. Il est en rogne. Ce qui est curieux, c'est ce qui le met en rogne. Ce n'est certainement pas le fait que les autres sont ses moutons, il adore cela, il ne peut pas s'offusquer d'entendre la vérité. Mais l'ajout d'Eugen... pourquoi s'énerve-t-il quand Eugen poursuit sur sa lancée, en s'intégrant au groupe qu'il décrit ? Là encore, ce n'est que pure vérité. Alors qu'est-ce qui le dérange, au juste ? Peut-être que le problème, c'est qu'il comprend que c'est précisément cela qui a provoqué la tentative du jeune homme ? Sans doute. Il n'a pas pu prédire cela, forcément que cela le rend furieux. Son jouet qui tente de s'échapper sans le prévenir... Sevan ne peut pas apprécier.

La main de Sevan se pose sur son épaule et ses yeux le dévisagent. Eugen n'aime pas ce qu'il voit dans son regard. S'il ne connaissait pas Sevan, il aurait dit que c'était un désir sauvage qui s'emparait de lui. Sauf qu'on parle de Sevan Nylund. Il est peut-être homosexuel, ce n'est un secret pour personne, mais jamais il n'éprouverait cela pour Eugen, ses sentiments sont tout autres. Il s'agirait plutôt d'un désir sauvage... de destruction. Rien d'autre. Eugen en est parfaitement conscient. De toute façon, lui-même ne sait pas s'il aimerait autre chose de sa part. Il ne souhaite rien d'autre que de le voir loin de lui, de le sortir de sa vie. Parce que ce ne sont pas les autres le problème, mais bien lui. Eugen baisse la tête, trouvant un intérêt soudain à contempler le plancher plutôt que le visage angélique de Sevan. « Je ne suis pas rien. » Non ? Il ne peut pas se vanter d'avoir autant de choses que Sevan. Il n'a pas de fortune, pas d'avenir tout tracé, pas de facilités. Il ne se considère pas comme gâté par la nature comme Sevan. Il n'a même pas ses vrais parents. Lesquels n'ont même pas de tombe. Ils n'ont rien, dans cette famille. Alors il n'est rien. Et pourtant, il sait que c'est faux. « Mais je veux l'être. Tu peux le comprendre ? » Être rien, c'est être mort. Là, il n'aurait plus d'existence. Plus de corps, plus d'esprit, juste du néant. Sevan se trompe. C'est parce qu'il est quelqu'un qu'il souffre autant. Cela lui importe peu, que l'amusement soit devenu de l'envie. Qu'est-ce que ça change, pour lui, vu qu'il est traité de la même façon ? Il ne voudrait pas le voir compatir parce qu'il est un pauvre enfant capricieux, qui a eu la malchance de naître dans une grande famille ? Eugen ne s'est jamais plaint, et pourtant, il aurait eu plus de choses à dire. Il a toujours gardé son ours en peluche. Le sang est presque parti depuis tout ce temps, mais il le voit toujours. Ses parents ne sont rien. Son père adoptif est quelqu'un. Un employé, mais ça vaut toujours mieux que la mort. « Je n'en ai rien à faire que les autres me touchent ou pas. Je... je ne veux plus... que toi, tu t'en prennes à moi. » C'est dur à dire, mais malgré ses hésitations, Eugen arrive enfin à dire ce qu'il a sur le cœur. Pourtant, Sevan aurait dû le comprendre, cela paraît si évident. Mais il est tellement borné, il ne voit rien. Il pense qu'Eugen ne supporte pas d'être une victime. C'est faux. Eugen n'a pas de problème à être sa propre victime. Ça ne l'a jamais fait souffrir. Ce qu'il ne supporte plus, c'est d'être la victime de Sevan. Son souffre-douleur. Sevan est quelqu'un d'extraordinaire, il n'a pas envie de n'être qu'un jouet à ses yeux. Il aurait voulu être son ami...
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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Jeu 14 Aoû - 17:44

Tu le détailles du regard, tirailler entre ton envie de fuir et ton envie de mordre ses lèvres avec envie et férocité. Eugen est un appel à la luxure, tu le sais très bien. T'as toujours ressenti quelque chose de bizarre à son égard. Tu aimes le voir souffrir, tu aimes pouvoir le dominer. Tu adores le voir se soumettre aussi facilement face à toi. Personne d'autre n'a le droit de s'en servir comme tu le fais. C'est ton humain. Ton Eugen à toi. Et même si les gens pourraient prendre cela autrement, tu sais que ce n'est pas quelque chose de sentimentale. Enfin, tu n'aimes pas Eugen – dû moins, tu n'en as pas encore conscience. Ainsi, tu penses simplement être fou de lui dans le sens où tu veux toujours lui faire du mal. C'est dans ta nature de blesser les autres et bizarrement, tu ne prends pas autant de plaisir avec les autres. Il n'y qu'avec Eugen que tu te sens ainsi. Parce qu'en agissant comme tu le fais avec lui, tu sais qu'il ne regarde que toi, qu'il ne pense qu'à toi. Certes, de la mauvaise manière, mais cela te suffit ; cela te va très bien. Tu serres les poings après t'être éloigné de lui. T'as mal, mais la douleur ne te dérange pas. Tu lui parles, tu engages la conversation. T'as besoin de lui parler. Tu n'es pas venu en ennemi. Ou plutôt, tu n'es plus là comme un ennemi. Tu as bien trop peur qu'il refasse une tentative et que cette fois-ci, tu n'sois pas là pour l'empêcher de faire un tel acte. Il te répond. Il n'est pas rien. Oh merde. L'a-t-il compris dans le sens où tu lui avoues qu'il est inutile ? Non. Tu ne parlais pas de ça, mais de sa notoriété. Eugen n'est rien aux yeux de la société. Il vit une vie banale sans pouvoir profiter réellement de tous les plaisirs qu'offrent l'argent. C'est de ça que tu voulais parler. Car Eugen n'est pas rien, non. Il résume ton monde ; ton univers tout entier. Il ne se passe pas un seul jour sans que tu ne penses à lui, sans que tu n'es envie de le voir. C'est une torture de passer une journée sans pouvoir le regarder, sans pouvoir l'avoir en face de toi. Tu fronces les sourcils en l'entendant parler à nouveau. Il veut devenir poussière, hein. Il ne veut plus être vivant et ça, tu l'as bien compris. Mais toi, tu ne peux pas le laisser partir. Sans Eugen, ton monde deviendrait fade. Tu n'aurais plus aucune motivation. Tu ne sais pas pourquoi, d'ailleurs, puisqu'il n'est censé n'être qu'un insecte à tes yeux. Ton père t'a toujours appris à regarder de haut les gens de bas niveau et pourtant, tu n'arrives pas à voir Eugen comme un merde, bien que tu le traites comme tel.

Tu secoues la tête en le fixant, le regard mauvais. « Je ne comprends pas, non. Enfin, j'vois d'quoi tu parles, mais je n'veux pas que tu finisses par ne plus rien être. » Lui avoues-tu, l'air de rien tout en haussant des épaules. Tu ne veux pas qu'il disparaisse ; c'est aussi simple que cela. Tu le regardes, clignant des yeux d'un étonné. Il s'en fiche si les autres le touchent ? Mais toi, tu n'as pas le droit ? Tu desserres les poings et regardes autour de toi. Sa chambre n'est pas si grande, mais toi aussi, t'aimerais avoir une pièce de taille moyenne pour dormir. Cela t'éviterait de te sentir aussi seul quand personne n'est avec toi. Tu soupires. Finalement, t'as beau avoir tous tes sbires, t'es complètement seul, Sevan. Tu ne t'en rends compte que maintenant. Tu n'as pas un seul vrai ami, pas vrai ? Tous t’obéissent parce que t'es le plus riche de la bande. Boh. Dans le fond, tu t'en fous, tant qu'ils n'essaient pas de te faire de mal. Tu ne veux pas avoir trop d'embrouilles et puis, tant qu'ils t'obéissent. Tu souffles et regardes à nouveau Eugen avant de t’asseoir sur son lit sans même lui demander son avis. « Pourquoi juste moi ? Comme tu l'as dit, c'est à cause de moi s'ils s'en prennent à toi. » Dis-tu avec une légère pointe d'amertume. Tout ça, c'est de ta faute. Juste de la tienne. T'aurais peut-être dû prendre soin de lui. T'occuper de lui comme un petit frère, parce qu'après tout et malgré ce qu'il veut faire croire, Eugen est aussi fragile qu'un chaton abandonné. « J'peux pas te dire que j'te laisse partir. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il me faut ma dose d'Eugen Haywood-Smith. Et je sais que tu me détestes, j'le comprends. Beaucoup d'gens m'détestent, mais toi, c'est différent. Tu t'rebelles pas. Pourquoi ? Tu cherches quoi en te laissant faire ? T'as perdu le peu d'estime que j'avais pour toi dès que tu t'es laissé faire par tout le monde. J'pensais que tu te montrerais rebelle, que tu tenterais de prouver qu't'es pas faible, mais t'as jamais rien fait. J'y ai pris goût. J'veux pas que quelqu'un d'autre s'approche de toi. T'es à moi, Eugen. Et t'as pas le droit de mourir. » Tu as parlé pendant trop longtemps. Si bien que t'as même dit des choses que tu regrettes maintenant. T'aurais jamais dû lui dire tout ça. Tu serres les poings et grognes avant de regarder ta main droite ; celle qui est blessée. Tu redresses finalement la tête vers lui, les sourcils froncés. « J'dois faire quoi, pour que tu ne tentes pas de te tuer à nouveau ? » Cette fois-ci, c'est toi le soumis. Tu le sais. C'est toi qui te soumets, qui lui demande de t'ordonner quelque chose. Ainsi, comprendra-t-il réellement que tu ne veux pas qu'il disparaisse de ta vie ? Et au diable les représailles, tu t'en contre balance. Si cela peut le sauver de ses envies de mort, tant mieux. Parce que tu ne veux pas te séparer de ton jouet. Tu trouveras un autre moyen d'attirer son attention ; t'en es sûr.

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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Jeu 14 Aoû - 20:02

Il aimerait le voir quitter sa chambre. Qu'il lui dise que c'est bon, qu'il en a assez, qu'il a d'autres choses à faire que de s'amuser avec lui. Il le souhaite ardemment... sa présence est tout simplement un supplice. Il ne supporte pas de le voir le dominer comme cela, s'amuser avec lui comme un chat avec une souris. Il est à bout, là, ne parvient-il pas à le comprendre ? A quoi bon répéter sans cesser qu'il lui appartient alors que cela ne fait que l'enfoncer ? Eugen ne peut pas être heureux. Qui se satisferait d'une telle situation ? Et puis, l'intérêt soudain que Sevan lui porte le déstabilise. Il ne devrait pas se comporter ainsi, il le sent bien. Il devrait plutôt lui interdire de recommencer cela, l'emmener avec lui et trouver le moyen de lui faire payer sa frayeur. Oui, c'est comme ça qu'Eugen aurait imaginé la chose si on lui avait demandé de le faire. Mais il est bien conscient d'une chose. Sevan est sur la défensive. Il tient à prouver qu'il n'a pas provoqué sa tentative. Qu'il ne l'a pas voulu. Il est attentif à ce qu'il dit, ce faisant. Il fait attention à ses paroles, ayant sans doute compris que s'il veut éviter que cela se reproduise, il a plutôt intérêt à calmer Eugen. Il n'y a pas de mal à cela. On ne se comporte pas différemment envers un animal qu'on maltraite mais qu'on souhaite quand même garder en vie. Oui, c'est typiquement le genre de situation où le bourreau est obligé d'écouter sa victime. Parce qu'elle a ses propres limites que même lui ne peut oublier. Sevan ne peut oublier qu'Eugen est un être humain avec des sentiments. S'il pousse le bouchon trop loin, il devra assumer les conséquences... Il devra vivre le reste de sa vie sans comprendre ce qui s'est passé. En même temps, avec sa vie de rêve, il n'a pas de quoi se plaindre. Ses parents ne veulent pas le mettre au courant de leurs affaires... ? Et alors ? cela n'a rien de dramatique. Il ne peut pas comprendre ce que c'est que d'être Eugen. Il ne sait pas ce que c'est que d'encaisser en silence, de se croire capable de tout supporter, pour se rendre finalement compte un jour que non, ce n'est pas possible. Une personne normale aurait tenté de tuer Sevan. Lui a tenté de se tuer lui-même. C'est la même chose. Juste qu'Eugen n'arriverait jamais à faire du mal à Sevan. C'est dans sa nature, il est trop gentil, il est incapable de blesser quelqu'un... Et puis, le blesser, lui ? Cela lui paraît encore plus impossible que de décrocher la Lune... ce dernier exploit serait encore plus facile que de toucher à ne serait-ce qu'un cheveu du Nylund. Il a une telle aura... c'est comme s'il était le danger même. Celui qui regarde le monde en promettant le pire des sorts à celui qui oserait attenter à sa vie. Comment Eugen peut-il tenter quoique ce soit, alors qu'il a affreusement peur de ce dont il est vraiment capable ? Sevan ne se montre pas violent, mais c'est le moment qui le veut. Il a bien compris que ce serait contre-productif, ce fumier ; le meilleur moyen pour qu'Eugen se tue une fois le dos tourné. Alors il ruse. Est-ce calculé ? Sevan va s'asseoir sur son lit. Investit cet espace affreusement intime, et Eugen grince des dents, sans pour autant faire une remarque. Ce serait plutôt ridicule de lui dire de s'en aller alors qu'il n'y a pas la moindre once d'autorité en lui. Autant ne pas essayer, et le laisser faire. Surtout qu'il dit des choses tellement bizarres... Eugen ne sait pas trop quoi en penser. Besoin de lui au quotidien ? Pris goût à sa passivité ? Serait-il devenu accro à sa petite personne, au point de ne pas pouvoir vivre sans torturer une fois par jour minimum son Eugen ? C'est d'un glauque. Et ce cauchemar est une réalité.

Alors se produit quelque chose qui paraît impossible à Eugen. Il lui demande ce qu'il doit faire pour le convaincre. Ce qu'il doit faire. Eugen le regarde, effaré. Il lui demande ça, à lui ? Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez lui ? C'est tout ce qu'il a trouvé pour éviter d'avoir sa mort sur la conscience ? Eugen ne répond pas tout de suite, et le silence s'installe. Eugen n'hésite pas vraiment, non, même s'il en a l'air : il sait ce qu'il veut. Il cherche juste à comprendre cet instant. Ce moment où Sevan abat sa dernière carte. Parce que, pour que quelqu'un comme lui demande ce qu'il doit faire, c'est qu'il ne sait pas quoi faire d'autre. Il ne laisse personne le commander, mais il serait prêt à le faire. Eugen l'observe, pour voir s'il se ravise. Mais non. C'est peut-être sincère. Non, ça l'est sans doute, il a bien compris qu'il allait devoir écouter Eugen s'il voulait le garder en vie. Comme si Eugen disposait d'un pouvoir sur lui en cet instant... sauf que le jeune homme n'en désire pas, il veut juste le voir partir. Il finit par bouger et s'assoit en tailleur par terre, au bord du lit, juste devant Sevan. Il lève la tête, et son regard trahit son incertitude. « On ne négocie pas avec son souffre-douleur. » : fait remarquer Eugen d'un ton catégorique. Est-il en train de lui dire que c'est une mauvaise idée, qu'il ferait mieux de se raviser ? Sans doute. Eugen veut de lui ce que Sevan ne veut pas : qu'il l'abandonne définitivement. Il veut qu'ils ne se voient plus, qu'ils s'oublient, qu'ils deviennent de parfaits inconnus. De cette façon, peut-être qu'il pourrait panser ses blessures. Et Eugen le lui demanderait bien, mais il n'a pas confiance. Déjà, parce qu'il n'a jamais vu Sevan dans cet état et qu'il n'est pas sûr qu'il va vraiment tenir sa parole. Et ensuite... comment sortir de sa vie le fils de l'employeur de son père ? Eugen n'a pas envie qu'il lui arrive quelque chose. S'il perdait son travail à cause de l'attitude de son fils... Pourtant, l'heure n'est pas à la dissimulation. Et si Eugen se rend ridicule, ce n'est pas grave. Sevan l'a rendu ridicule un si grand nombre de fois qu'il ne les compte même plus. N'empêche que, cela lui fait bizarre de penser à lui. De parler de ce qu'il veut. Pourtant, il ne détourne pas le regard. Une partie de lui se fait avoir par l'apparente volonté de Sevan. C'est elle qui le pousse à parler : « Tu es la cause de tout, Sevan. Tu m'as meurtri plus profondément que personne. Toi et tes envies. » Il a beau le répéter, Sevan ne semble pas vouloir comprendre. Il ne voit pas que, peu importe le mal que peuvent lui faire les autres, c'est le sien qui le blesse le plus. Parce qu'il provient de lui. Ce garçon qu'il aurait aimé pouvoir considérer comme un ami, mais qui l'a, au final, rabaissé plus bas que terre. Les autres sont mesquins, mais n'ont pas son intelligence. Ils ne s'en prennent pas à lui avec la passion qui dévore Sevan, cette passion qui est la responsable de tous les maux d'Eugen.

Est-ce de sa faute ? Aurait-il dû se rebeller ? Un petit rire s'échappe de ses lèvres à cette pensée - lui qui ne rit jamais, et certainement pas devant Sevan. Il rit car il se moque. Parler de révolte lui paraît si futile, si abstrait. « Pourquoi prouver que je ne suis pas faible si je le suis effectivement ? : demande-t-il sur le ton de l'interrogation. Pourquoi me rebeller si je n'ai pas les armes pour le faire ? A ton avis, c'est facile de se défendre contre on est seul contre tous ? » Peut-être aurait-il pu le faire, mais quand tous les autres sont ligués contre lui, il ne sait pas comment faire pour se défendre. Comment se faire respecter quand tout le monde s'applique à vous descendre ? Ce n'est pas entièrement sa faute. Qu'est-ce qu'il peut invoquer, les droits de l'homme ? Ils n'en ont rien à faire. Leur échelle de valeurs est construite sur l'argent, pas sur l'amour de l'humanité. Ils semblent bien futiles, ces droits, quand ils ont le pouvoir de faire ce qu'ils veulent sans qu'on puisse le leur reprocher. Même le père d'Eugen. N'aurait-il pas travaillé pour les Nylund, la situation aurait été différente. Il aurait défendu son fils, peu importe les conséquences. Mais le fils de ses employeurs est intouchable. Par conséquent, cela vaut aussi pour ceux qui sont sous sa protection - ses sbires. Pourtant, Eugen a vu son père adoptif se mettre dans une colère noire parce qu'il ne peut rien faire. Ce n'est pas un homme bien, loin de là, il a sans doute fait bien pire que Sevan. Mais il ne peut supporter qu'on touche à son fils adoptif. Il le sait fragile. Il le sait, car c'est lui qui l'a rendu ainsi. Il lui a redonné une vie, un avenir, mais il n'a pas été capable de lui rendre la force qui s'est brisée en lui à la mort de ses parents biologiques. Son courage est perdu à jamais... et Eugen est devenu une cible facile pour quelqu'un comme Sevan. Lequel n'a pas cherché à comprendre l'événement qui l'a rendu ainsi, au passage. Et n'en a rien à faire, du moment qu'il peut agir à sa guise. De toute façon, Eugen ne compte pas lui dévoiler son secret. Le jour où Sevan le saura, il aura perdu la seule chose qui lui tient à cœur. Ce secret qui est plus précieux que sa propre vie. « Ce que tu dois faire... ? » Il réfléchit. Il ne peut pas dire ce qui peut apaiser son cœur. Il sait juste ce qui le fera plonger à nouveau. Peut-être ne peut-il tout simplement pas lui promettre qu'il ne retentera rien. Sauf que Sevan ne le lâchera pas d'une semaine s'il le lui avoue. Et ce sera encore pire pour lui, devoir le supporter toute la journée... En même temps, que peut-il lui dire de faire ? Puis la solution lui vient toute seule. Eugen se relève et toise Sevan qui est toujours assis sur son lit, l'air soudain assuré. « C'est très simple. Tu dois me tuer toi-même. Sinon, c'est moi qui le ferai. » Quelqu'un qui ne connaîtrait pas Eugen dirait qu'il profite de la situation. Qu'il veut simplement se donner de l'importance. Mais ce n'est pas le cas. Eugen y a réfléchi, mais il n'y a que deux solutions. Soit Sevan change d'attitude et Eugen pourra peut-être retrouver le sourire ; mais c'est trop lui demander, il n'acceptera jamais, pas alors qu'il a envie de lui faire du mal. Soit Eugen ne se tue pas, parce que quelqu'un d'autre le fera avant lui. Il n'y a pas de troisième solution.
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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Jeu 14 Aoû - 20:52

Eugen est mystérieux. Dans le fond, tu ne connais rien de lui, mis à part son prénom et son âge. Après tout, tu n'as jamais pris le temps de te renseigner sur lui, tu ne lui as même jamais demandé où était sa mère. Tu ne sais pas que son « père » est en fait le meurtrier de ses parents biologiques. Non, évidemment ; tu n'en as aucune idée. Pourtant, à présent, t'aimerais en apprendre plus sur lui. Peut-être pour mieux l'humilier après ? Tu n'en sais rien. Après tout, tu peux te montrer gentil quand vous êtes seuls, mais devant ta bande, tu n'es qu'un gamin égoïste et sadique. Eugen le sait mieux que quinconce puisqu'il subit tes caprices depuis le jour où tu l'as rencontré. Pour son propre bien, il n'aurait jamais dû accepter cette poignée de main que tu lui as offerte il y a des années. Mais il ne pouvait rien faire d'autre, pas vrai ? Après tout, tu es le fils de l'employeur de son père. Te vexer ou t'énerver l'aurait conduit tout droit vers le renvoie. Sevan, tu ne peux pas comprendre à quel point Eugen est courageux. Depuis tout ce temps, il subit toutes tes colères, tous tes désires sans broncher. Il fallait t'y attendre ; à ce qu'un jour le gamin aux cheveux bruns ne veuillent plus être ton jouet. Pas qu'il l'est voulu dans le passé. Juste … Il n'osait pas te dire ouvertement que ça ne lui plaisait pas. Et même s'il te l'avait dit, tu n'aurais pas arrêté de l'humilier pour autant. Il t'aurait fallu un élément choc. Comme aujourd'hui. Posé sur son lit, tu le fixes sans rien dire de plus. Pour une fois, c'est lui qui a les cartes en mains. Il peut te demander ce qu'il veut. Libre à toi d'accepter ou non sa proposition. Tu soupires et le regardes, curieux, bien qu'inquiet. Et s'il tente à nouveau quelque chose quand tu seras partie ? Tu te crispes rien que d'y penser. Non. Il est hors de question qu'il fasse cette connerie. Et si pour cela il faut lui coller au cul un espion, tu le feras, promesse de Nylund ! Tu le regardes s'installer en face de toi, sur le sol. Eugen est le genre de type à garder une tête d'enfant même en grandissant. Si bien que parfois, t'as toujours l'impression d'avoir, face à toi, le Eugen d'il y a huit ans ou plus. Il relève la tête vers toi et tu te crispes un peu. Depuis quand nous ne pouvons pas négocier avec notre souffre-douleur ? Tu fronces les sourcils et soutiens son regard. Bien-sûr que si. Tu es prêt à tout accepter, tant qu'il ne disparaît pas de ta vie. Cela peut paraître bizarre. Dans le fond, tu devrais être content qu'il quitte ta vie, mais non. Toi, Sevan, tu cherches toujours compliqué. Ainsi, tu ne veux pas avoir à vivre dans un monde sans Eugen Haywood-Smith. Tu t'es habitué à sa présence, à ses regards innocents, à sa façon de t'obéir au doigt et à l'oeil et à toutes les autres petites choses qui te passent derrière la tête en cet instant. Tu veux juste … qu'il reste prêt de toi.

Il ne détourne pas le regard et continue sur sa lancée. Tu es le plus pourri de tous, Sevan. T'es même pourri jusqu'à la moelle et tu en as bien conscience. C'est ton éducation qui t'a fait devenir ainsi. Enfin, tu n'étais pas vraiment comme ça. T'as commencé à être aussi dur avec les autres le jour où tu as crée ta bande d'amis. Il fallait un leader ; un chef. Et tu ne voyais personne d'autre que toi pour ce rôle. Parce que tu es le plus riche et le plus beau. Parce que tu es celui qui a toujours eu le plus de succès ; que ce soit chez les filles, comme chez les garçons. Tes parents ne t'ont pas loupé, bien au contraire et tu le sais très bien. Tes envies l'ont détruis et tu le sais. Tu aimerais réparer cette erreur. Faire de lui quelqu'un de proche de toi, mais c'est trop tard. Vous ne pourrez jamais avoir une relation différente de celle qu'aujourd'hui ; selon toi. Tu te mords la lèvre inférieure avec violence en le fixant sans pour lui répondre. Il a raison. Tu le sais. Alors, il est inutile pour toi de répondre quoi que ce soit. Par ton silence, tu lui fais comprendre que tu es d'accord avec lui, qu'il a raison et que tu es le seul fautif. C'est de ta faute s'il a envie de mourir aujourd'hui. Tu fronces faiblement les sourcils lorsqu'il reprend la parole. Il n'est pas faible. Oh non. Eugen n'est pas faible, loin de là. Tu le sais. Tu le sens. Il est plus fort que quiconque. Peu de gens auraient pu endurer tes coups et tes humiliations aussi longtemps. Seul Eugen pouvait le faire. A présent, il est trop brisé. Il ne peut plus rien endurer, tu le sais. Tu as trop abusé. Tu as trop épuisé ta marionnette humaine. Stupide marionnettiste que tu es. Tu hausses les épaules en le regardant, ne répondant toujours pas. Tu réfléchis tout en le fixant. Tu ne quittes pas ses yeux, soutenant son regard sans ressentir la moindre gêne. « Tu n'es pas faible, Eugen. Si tu l'avais été, tu ne serais déjà plus de ce monde. » Dis-tu, une faible lueur de douceur accompagnant ta voix. Tu sais que tu ne dois pas te montrer trop gentil avec lui. Ce n'est pas comme cela que tu es. Tout ce que tu aimes ; tu le détruis. Peut-être est-ce pour cela que tu fais autant de mal à ce gamin ? Un frisson te parcourt le long de l'échine tandis que tu déglutis bruyamment. Non. Non. Bien-sûr que non. Ce n'est pas de l'amour, ni une quelconque attirance. C'est ton jouet. Il n'est là que pour t'amuser. Oui. Tu aimerais tellement te convaincre de cela, mais c'est désormais impossible. Maintenant que tu l'as vu, une corde autour du coup, tu ne peux t'empêcher de vouloir le protéger. Pourquoi, hein ? Pourquoi ? Après tout, tu ne pourras jamais le protéger de toi-même. Tu seras toujours son bourreau, Sevan, parce que tu n'es qu'un connard. Et que tu le sauras tout au long de ta vie. Tel est ton destin.

Finalement, il semble être enfin apte à répondre à ta question. Que dois-tu faire pour qu'il ne tente pas une autre fois de se suicider ? Tu veux le savoir. Maintenant. Sans délais. Tu le regardes, impatient. Qu'il se dépêche, bordel de Zeus ! Le jeune homme finit par se lever et tu lèves la tête pour pouvoir le regarder. Il semble sûr de lui, pour une fois. Tes sourcils se froncent tandis que tu te crispes en l'entendant parler. Ton cœur se serre contre ta volonté et tu écarquilles légèrement les yeux. En quelle langue faut-il que tu le lui dises ? Tu ne veux pas qu'il meurt. Et tu ne le tueras pas. Jamais tu n'as voulu ça. Et tu n'es pas un meurtrier. Tu te redresses doucement, la gorge nouée. Tu le toises du regard, puis te lèves pour lui faire face. Ta main droite tremble, t'aurais bien envie de le frapper. De fracasser sa mâchoire à plusieurs coups de poing. Tu soupires et secoues la tête. « J'peux pas accepter ça, Eugen. J'veux bien tout accepter, sauf ça. Je t'ai dit que je ne veux pas que tu meurs, alors il est hors de question que je te tue moi-même. Et s'il le faut, je demanderai à mon père de te coller un espion au cul. Quelqu'un qui te surveillera même durant ton sommeil pour être sûr que tu ne te donnes pas la mort. » Lui dis-tu d'un ton assuré. Ainsi, il ne mourra pas. Ainsi, il ne t'abandonnera pas dans ce monde. Tu as besoin de lui, aussi bizarre que cela puisse paraître. Et cela te répugne de penser ainsi, mais Eugen est important toi. C'est peut-être la seule personne après ta mère que tu ne veux pas voir mourir. Tu souffles et serres les poings avant de t'éloigner de lui, frappant une nouvelle fois dans le mur, ouvrant un peu plus tes phalanges ; si bien que tu peux apercevoir l'un de tes os avant que le sang ne trouble ta vue. Cette fois-ci, tu grimaces et te retiens de cracher dans sa chambre. « JE NE VEUX PAS OK ?! » Cris-tu en te tournant vers lui. « Me forces pas à faire quelque chose que je ne désire pas, putain ! Je t'ai dit de me proposer n'importe quoi, mais j'veux pas te buter. J'veux pas qu'tu meurs, tu m'entends ?! Si t'oses crever, j'te jure que ton père te suivra dans ta tombe, Eugen. » La bombe est lancée. Le simple de penser son corps, étendu, livide et sans vie te fait péter les plombs. Tu fulmines de rage. Tu respires bruyamment et vite. Tu fuis son regard pour ne pas être tenté de massacrer son visage. « N'importe quoi Eugen … Tout, mais pas ça. » Dis-tu, tentant de reprendre ton calme. Il ne faudrait pas que tu l'abîmes. Tu dois le mettre en confiance. Tu ne peux pas le blesser. Pas pour l'instant. Il doit te croire. Parce que tu feras des efforts, beaucoup d'efforts, si l'idée de mourir disparaît de son esprit.

_________________

   
THERE'S A SYMPHONY IN MY HEAD
I am the crawling dead, the phantom in a box and the shadow in your head. Say it. Acid suicide and freedom of the blast, yeah. More human than human

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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Jeu 14 Aoû - 21:33

Eugen a été sincère avec Sevan. Il lui a dit ce qu'il pensait vraiment. Que s'il continuait comme cela, il serait obligé de le tuer de ses propres mains s'il ne veut pas le voir se suicider. C'est vraiment la solution. Mais il se doute bien qu'elle ne lui plaira... trop radicale. Eugen n'est pas stupide, il a bien compris que Sevan ne veut pas sa mort. Et lui, il ne veut pas rester son esclave. Il n'a qu'à lui proposer la liberté s'il veut vraiment son bien. Au fond, tout cela n'est qu'une comédie. Il n'a pas envie qu'il meurt, mais il n'est pas prêt à lui donner la seule chose qu'il peut vraiment lui offrir. Il reste ce gamin égoïste qui ne peut pas se séparer de son jouet. C'est pour cela qu'Eugen ne lui demande pas. Pourtant, ils sont bien d'accord sur ce point, c'est Sevan le problème. Son silence parle pour lui : qui ne dit mot consent. Sevan accepte le fait qu'il est la source de son désir de mourir. Juste lui. Car sans lui, Eugen n'aurait pas d'inconvénient à continuer. Sauf qu'il ne voit pas comment s'en sortir, alors... Ce n'est pas sa première tentative, de toute façon. Il se demande quelle tête Sevan ferait s'il l'apprenait. Jusque là, il a réussi à le cacher soigneusement, seul son père adoptif est au courant - et désespère car il sait qu'il ne le fait même pas mourir. Il pensait au moins se réussir, pour changer. Cela aurait été bien. Sevan lui affirme qu'il n'est pas faible. Qu'il ne serait déjà plus de ce monde si cela avait été le cas. Il se trompe. Il a été trop faible pour songer à être sérieux avant. Il aurait carrément pu se laisser détruire sans rien dire. C'est juste que la souffrance n'est pas vraiment un problème pour lui. La douleur physique est même son amie. Elle ne l'effraie pas, on peut même dire qu'il la recherche... Bizarre ? C'est surtout qu'il aime être son propre bourreau, il n'aime guère quand un autre s'en prend à lui. Et encore moins quand cet autre s'appelle Sevan Nylund. Eugen n'a jamais prétendu être parfaitement bien dans sa tête, après tout. Au vu de son vécu, il aurait été étonnant de le voir parfaitement heureux. Mais il aurait pu ne pas développer toutes ces tendances à l'auto-destruction, si seulement on lui avait laissé une chance. Si seulement il n'avait pas croisé le chemin de Sevan.

Sevan se lève, visiblement furieux. Sa réponse ne le satisfait-elle donc pas ? Pourtant, Eugen a répondu à son interrogation en toute sincérité. Le jeune homme ne peut s'empêcher de rentrer un peu les épaules. Qui plus est, il est de petite taille, Sevan le domine rien que par son physique. Et il ne veut pas le voir mourir. Tellement pas qu'il serait prêt à lui mettre un espion sur le dos, ce qui serait un sacré gâchis d'argent, quand même. Un espion rien que pour lui... qui rapporterait tous ses faits et gestes à Sevan. Eugen ne pourrait le supporter. Cela voudrait dire qu'il n'aurait plus la moindre intimité. Que l'espion raconterait qu'il se scarifie régulièrement. Que ses bleus ne sont causés par nulle autre personne que lui-même. Sevan fulmine. Sevan souffre visiblement de cette réponse sincère et projette de nouveau son poing contre le mur de sa chambre - Eugen se dit qu'il a de la chance d'avoir de bons murs, en cas de dégâts, il doute qu'il puisse lui demander des frais de réparation, donc ça serait à lui de les financer. Puis il se retourne et... Eugen écarquille les yeux. Tuer son père ? Il a bien dit, tuer son père ? Sevan se calme juste après, mais il ne peut pas rattraper les mots qu'il vient de prononcer. Eugen les a parfaitement entendus. Et ça, il ne peut l'accepter. Pas son père. S'il y a bien une chose qui lui donne de la force, c'est ce secret qui les lie. Cette blessure a fini par devenir le ciment de leur relation. Et le jeune homme s'est battu pour que nul ne soit au courant. Le pire étant que Sevan a parfaitement les moyens de mettre sa menace à exécution. Il a les forces de Nylund pour lui, alors nul doute que son père n'y échapperait pas. Eugen le voit fuir son regard, et cela l'énerve. Oui, car il veut toucher au seul être envers qui il se sent redevable. Et il ne sera pas dit qu'il ne s'acquittera pas de sa dette.

Eugen empoigne délicatement le col de Sevan. Pas à la façon dont le jeune riche le fait, avec violence ; non, lui le fait tout doucement, sans forcer. C'est juste symbolique, pour montrer qu'il est là, mais il ne se servira pas de cette prise. C'est comme si elle était irréelle. Et il observe le visage de Sevan sans ciller. Il essaie de rester calme, de ne pas lui cracher sa haine à la figure. « Tu peux faire ce que tu veux de moi. Mais tu ne toucheras pas à mon père. Jamais. » Ce n'est pas une menace ; il n'est pas assez stupide pour croire qu'il pourrait la tenir. Eugen n'a rien pour défendre son père. Il n'a rien à proposer en échange, sinon lui-même, et même cela est déjà entre les mains de Sevan. Rien qu'à cette pensée, son poing se crispe un peu plus sur le col de Sevan. Juste un peu. Pas de quoi constituer une vraie prise, mais la différence reste notable. Eugen ne plaisante pas sur ce point. « Tu n'es qu'un lâche. Tu n'es même pas capable de m'obliger à vivre, alors tu t'en prends à la seule personne qui compte à mes yeux. Sous son propre toit. Tu me dégoûtes, Sevan. » Il le lâche et lui tourne le dos, comblant la distance qui se trouve entre la porte de sa chambre et lui-même. Juste sur le pas de la porte, il s'arrête et lui lance, sans tourner le visage dans sa direction : « Tu sais très bien ce que je veux. J'y vais. Si tu veux sortir, passe par la fenêtre. Si tu te réceptionnes bien, tu ne te feras pas trop mal, ce n'est que le premier étage. » Il parle par expérience, il l'a déjà fait plusieurs fois. Son père a même envisagé de mettre des barreaux à sa fenêtre, mais il n'a pas eu le cœur à le faire : il aurait eu l'impression d'enfermer son fils dans une prison. Au lieu de cela, Eugen sort par la fenêtre quand il n'a pas le moral. Le jeune homme descend ensuite les escaliers et se rend dans la cuisine. Il tire un des tiroirs et en sort un des couteaux de cuisine. Il aurait bien envie de se le planter directement dans sa chair, mais il refrène son envie et, violemment, il l'enfonce dans la table en bois. Qui en a vu d'autres, il ne se permettrait pas d'abîmer la propriété de son père si celle-ci n'était pas déjà couverte de marques et d'encoches. Puis il s'installe à une chaise et pose sa tête sur la table, à proximité du couteau, enroulant son chef de ses bras. Maudit Sevan. Il retient à peine ses larmes, elles coulent toutes seules. Il est triste parce qu'il a compris que rien ne changera. Il restera à jamais son souffre-douleur, et même la mort ne pourra le délivrer de son sort.
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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Ven 15 Aoû - 11:12

Tes mots, tu les regrettes quelques secondes après les avoir dit. Tu sais qu'à cause de cela, Eugen ne te fera pas confiance. Putain. Il faut toujours que tu passes par les menaces pour obtenir ce que tu veux, pas vrai ? Un Nylund ne sait pas faire autrement ; toi le premier, d'ailleurs. Tu menaces tout le monde pour être sûr que personne ne touche à ton cocon doré. Dans le fond, tu n'es qu'un lâche Sevan ; un mec n'étant même pas capable de se faire écouter tout seul ou de s'en prendre à quelqu'un tout seul. Il faut toujours que tu menaces ou que tu sois entouré de ta bande. Tout le monde doit te voir ainsi, c'est sûr. Mais tu t'en fous. Tant qu'Eugen te regarde, toi. Qu'il te haïsse ou qu'il t'apprécie ensuite, c'est la même chose. Il faut qu'il te voit. Qu'il pense à toi. C'est obligé. C'est une envie qui te tiraille l'estomac, une envie qui pourrait te faire devenir fou. Tu ne veux pas être éloigné de lui et visiblement, il n'arrive pas à le comprendre. Et tu sais pourquoi. Oui, tu sais très bien pourquoi il ne veut pas. Parce que tu l'as toujours humilié, parce qu'à cause de toi, il a vécu pire que l'enfer ces dernières années. Tu ne t'en veux pas ; c'est ça le pire. C'est dans ta nature de blesser, de faire du mal. Et c'est encore pire avec Eugen. Si tu ne le fais pas souffrir, t'as peur qu'il arrête de te regarder, de penser à toi. Que ce soit dans le mauvais sens te dérange un peu, mais tu t'y est finalement habitué. Peut-être devrais-tu faire des efforts avec Eugen, mais tu sais que tu aurais dû mal. T'as toujours été méchant, mauvais, sadique, humiliant avec lui. Alors devenir gentil te ferait trop bizarre pour y arriver du premier coup. D'autant plus que ton côté possessif avec ce gamin ne le permettrait sûrement pas longtemps, tu le sais très bien.

Finalement, Eugen réagit et t'attrape par le col. Tu t'attendais à ce qu'il se montre violent, mais non ; pas du tout. Il se fait doux, même en étant énervé. Et cette nouvelle proximité te fait frémir sans que tu ne puisses comprendre le pourquoi du comment. Il fixe ton visage et toi, tu plonges ton regard dans le sien. Il peut te frapper, oui ; ce serait tout à fait compréhensible. Et cela ne te dérangerait pas. Ce qui peut te détruire t'attire. Sûrement est-ce pour cela que tu agis ainsi avec le noiraud. Il parle et tu souffles doucement, restant immobile. Pourquoi reste-t-il aussi calme, putain ?! Tu veux le voir s'énerver. Après tout, il te déteste. Te frapper lui ferait sûrement le plus grand bien. Tu ne lui réponds pas, montrant une nouvelle fois que tu es d'accord. A quoi bon parler ? Le silence répond mieux que toute autre chose. Tu déglutis tandis qu'il parle après avoir resserrer ton col. Il est encore trop doux à ton goût. Quel abruti. Et toi ; vient-il réellement de t'insulter de lâche ? Tu veux bien le croire ; oui. Mais jamais tu ne le lui diras. Ainsi, tu fronces le nez et grognes ; juste pour la forme et pour lui montrer ton faux désaccord. Tu te crispes un peu plus lorsqu'il te dit que tu le dégoûtes. Tu n'as jamais voulu qu'il te déteste autant, pas vrai ? T'as merdé, Sevan. T'as complètement merdé. Toi qui voulais te montrer gentil, pour une fois, tu n'as pas réussi à tenir la promesse silencieuse que tu t'étais faite à toi-même. Tu baisses les yeux lorsqu'il s'éloigne, le cœur serré. Non. Il n'a pas le droit de partir. De s'enfuir. Qu'il te frappe bon sang ! Tu relèves les yeux et le vois se tenir devant la porte de sa chambre. Il t'ordonne un peu de sortir par la fenêtre là, non ? Tu soupires et le regardes sortir sans rien répondre. Ce qu'il veut ? Il désire être tranquille, pas vrai ? Il veut que tu le laisses, que tu abandonnes l'idée de l'humilier, de le dominer, mais toi, tu ne peux pas faire ça. Être loin d'Eugen signifierait ta réelle descente aux enfers. Tu sais très bien que l'éloignement te rendrait fou. T'es habitué à le voir, à le désirer. Pas le désirer en tant qu'amant loin de là où … cela t'est déjà arrivé mais juste fois et – bordel, pourquoi tu penses à ça ? Tu souffles et regardes ta main. Le sang coule toujours un peu. Les murs sont solides ici. D'habitude, t'arrives à faire des traces de fissures sans problème. Tu souffles et t'approches de la fenêtre. Heureusement que tu n'as pas le vertige. Tu déglutis et regardes derrière toi. Pourquoi n'as-tu pas le droit de sortir par la porte d'entrée comme toute personne civilisée ? Oh et puis merde. De toute façon, tu ne vas pas partir pour de vrai. Tu sautes finalement par la fenêtre et te réceptionne avec mal. Tu ne pensais plus à ta main droite, mais une fois au sol, celle-ci te fait extrêmement souffrir. Te réceptionner sur cette dernière n'a pas été une bonne idée. Tu grimaces, les larmes aux yeux et te mords vivement la lèvre inférieure. Pas la peine de faire ta chochotte, Sevan. Tu n'en as pas encore fini avec le fils Haywood-Smith. Tu déglutis et te relèves en titubant. Si Eugen est habitué à ce genre de sortie, toi, tu sors toujours par les portes, ainsi, tu n'as pas vraiment d'expérience dans ce genre de choses. Et puis, t'es pas un singe. Et Eugen non plus d'ailleurs. Et – oh et puis merde.

Tu souffles et retournes devant la porte d'entrée de la petite maison de l'employé de ton père. Tu inspires longuement, puis entres à nouveau, sans faire de bruit encore une fois. Tu le rejoins dans la cuisine après avoir regardé dans le salon. Il est là. Un couteau de cuisine est plantée sur la table, à quelques millimètres de Eugen. Tu te crispes et le tires avec violence pour vérifier qu'il n'a rien. Tu le regardes de haut en bas et n'éprouves aucune gêne à relever son haut avant de soupirer d'aise. Tu le relâches avec douceur – est-ce vraiment toi Sevan?- et regardes finalement son visage. Il pleure … Tu ne l'as jamais vu pleurer. Et bizarrement, tu trouves que c'est du gâchis de le voir dans cet état. Tu attrapes le couteau de cuisine et tires d'un coup sec pour le retirer de la table avant d'ouvrir plusieurs tiroirs, trouvant finalement le bon au bout de trois essais. « Tu m'as demandé de sortir par la fenêtre, mais tu ne m'as pas dit de ne pas revenir, Eugen. » Dis-tu en te tournant de nouveau vers lui, comme pour te défendre de ta seconde intrusion. Tu le regardes presque tristement. Le voir ainsi te fait de la peine. Paul, ton frère, pourrait être dans le même étant ; cela ne te ferait ni chaud ni froid. Alors que s'il s'agit de lui ; d'Eugen, tout est différent. Tu souffles et attrapes un bout de sopalin, puis ouvres le robinet pour verser de l'eau dessus avant d'essuyer ta main droite, pleine de sang. « Et si j'arrête de t'humilier ? D'être méchant ? Si je t'intègre réellement, ça ira ? » Lui demandes-tu, une pointe d'inquiétude dans la voix. Tu souffles et passes sur les côtés ouverts de ta main et grimaces en appuyant. Mine de rien ; ça fait un mal de chien cette connerie. « Tu veux ta liberté, Eugen, hein ? Je peux te la donner … mais que comme ça. J'veux pas ne plus te voir, tu sais. Aussi .. ouais, aussi bizarre que cela puisse paraître, Eugen. Faut qu'tu sois là. » Impossible de lui dire que c'est grâce à lui si tu retiens ton côté impulsif d'habitude. Impossible de lui avouer qu'il est un calmant pour toi ; impossible de lui confesser que tu as déjà fantasmé sur lui. Impossible de crier haut et fort que t'en servir comme jouet est la seule chose que tu saches faire pour qu'il te regarde. Non. Il le prendrait sûrement autrement. Comme si tu pouvais avoir des sentiments pour Eugen Haywood-Smith, n'importe quoi. Sevan Nylund ne tombe jamais amoureux. Il sort avec les autres seulement pour son propre plaisir. « Tu subiras plus rien. Tu ne seras plus mon souffre-douleur, Eugen. » Termines-tu, le ton un peu plus froid qu'au début. Comme si cela te faisait mal de l'avouer. Et c'est bien vrai. Comment va évoluer votre relation s'il accepte cela ? C'est impossible pour toi de ne pas vouloir le faire souffrir. Même si tu penses que le fait qu'il pleure est du gâchis, tu ne peux t'empêcher de te dire que son visage est magnifique lorsqu'il évoque toute la douleur qu'il cache au fond de lui.

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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Ven 15 Aoû - 14:33

Eugen voudrait ne pas pleurer, mais cela lui semble impossible. Il n'est même pas assez fort pour contrôler ses propres larmes, qui roulent le long de ses joues avec lenteur. Peu importe. Il pourrait rester là pendant des heures et s'endormir dans cette position. Cela ne le ferait pas vraiment souffrir. Quel connard, ce Sevan... S'en prendre ainsi à son père. A celui qui lui a tout donné, sauf la vie. Il ne veut plus le voir. Il lui a dit de sortir par la fenêtre pour qu'il ne le voit pas traverser son couloir, mais il pense qu'il ne le fera pas. Il n'a pas de raison de s'exécuter, comme s'il allait obéir à un ordre d'Eugen. En attendant, il ne l'entend pas descendre. Pourtant, à travers ses larmes, il y est attentif : il veut être sûr de l'entendre partir. Comme le silence règne dans la cage d'escalier, Eugen en conclue qu'il est resté dans sa chambre. Du moment qu'il ne fouille pas dans ses affaires, ce n'est pas dérangeant. Et de toute façon, il n'y a rien de bien intéressant là-dedans, à part son nounours, on ne peut pas dire qu'il ait vraiment d'affaires personnelles. La propriété matérielle ne l'intéresse guère. Et Sevan n'aura certainement pas envie de lui piquer une de ses affaires alors qu'il peut se payer bien mieux. Quoique... il serait capable de lui piquer un de ses cahiers juste pour l'embêter et exiger quelque chose de ridicule en retour, sachant pertinemment qu'Eugen s'exécuterait. Enfin, le moment est plutôt mal choisi pour le faire. S'il veut garder Eugen en vie, il a plutôt intérêt à ne pas lui faire de misère, ou il ne fera que le convaincre qu'il a pris la bonne décision. Oui, dans cette histoire, Sevan n'est pas totalement libre de ses mouvements. Mais ce n'est même pas une consolation pour le jeune homme.

Alors qu'il pense être seul, il entend la porte d'entrée s'ouvrir. Son père n'est pas censé rentrer. Serait-ce... ? Oui, c'est lui qui débarque dans la cuisine. Et la vision du couteau a certainement dû l'affoler, car Eugen sent une main s'emparer de lui sans son consentement, l'autre soulevant son T-shirt. Sevan jette un coup d'œil à son torse, sans doute pour vérifier qu'il n'a rien ; il soupire quand il se rend compte que non, Eugen ne s'est pas planté le couteau dans son corps. De toute façon, il y aurait eu du sang sur son vêtement si cela avait été le cas... on voit bien le cas qui n'a pas l'habitude de ce genre de choses. Alors que pour Eugen, c'est évident. De toute façon, c'est plus fort que Sevan, il faut qu'il regarde là où il n'est pas censé poser les yeux. Enfin, ce n'est pas comme s'il n'avait pas déjà vu son corps de toute façon... Il n'empêche qu'Eugen, entre deux sanglots, se demande s'il ne l'a pas fait exprès, ou même si, inconsciemment, il avait fait cela pour appuyer un peu sa domination. Finalement, il le relâche et va ranger le couteau, après l'avoir extrait d'un geste aussi net que celui qui l'avait enfoncé dans le bois. Il ne lui a pas interdit de venir ? Quel enfoiré. Il joue avec les mots, là. Cela dit, il est vrai qu'Eugen ne peut pas prétendre l'avoir dit. Pourtant, il pensait que son désir d'être seul était manifeste... Enfin, Sevan n'en fait qu'à sa tête. Comme toujours. Et il prétend vouloir lui donner ce qu'il veut. Sa liberté. Même s'il doit être à ses côtés pour cela. Eugen ne sourit pas. C'est une fausse proposition. Jamais Sevan ne serait capable de s'en empêcher. Il est dans sa nature de faire du mal aux autres. Il en fait sans même le vouloir. Et il aime bien trop cela, de toute façon. Il apprécie cette sensation de pouvoir, comment pourrait-il l'abandonner ? Eugen sait très bien qu'il lui dit cela pour le convaincre de ne plus attenter à ses jours. Il a bien senti la note de besoin dans sa voix. Il ne pense pas que ce soit un besoin de sa seule personne. C'est un besoin du mal qu'il lui fait, voilà tout. Eugen sèche ses larmes et ne répond pas à ce qu'il dit. Au lieu de cela, il ouvre une des portes d'un élément mural - c'est là qu'est rangée l'armoire à pharmacie, vu que leur salle de bains est trop petite pour la contenir. Elle est particulièrement grande, en fait ; rien que la trousse de premier secours occupe plusieurs étagères. Il faut dire que le jeune homme se blesse souvent, alors forcément, il vaut mieux qu'ils aient un peu de réserve. Eugen désigne l'armoire d'un geste désinvolte. « Tu peux te servir, on a tout ce qu'il faut. » Il n'a pas vraiment envie de partager son petit trésor de pansements et produits pharmaceutiques avec Sevan, mais si la blessure s'aggrave, ça risque de lui retomber sur le dos. Ce n'est pas du tout parce qu'il se pense responsable de l'état de sa main : il n'avait qu'à ne pas le sauver. Quelle idée de frapper le mur quand on est énervé... on voit bien que ce n'est pas lui qui nettoie et qui répare les dégâts qu'il provoque. Lui reste debout, les joues couvertes de larmes séchées, les bras croisés, adossé à un élément de cuisine. Puisqu'il ne veut pas le lâcher, il va devoir accepter de discuter là, même si ce n'est pas digne de lui. A-t-il déjà mis les pieds dans une cuisine pour préparer un plat, d'ailleurs ? Eugen n'en a pas la moindre idée, mais il parie que non. Avec Sevan, tout est cliché. Il ne sait sans doute pas cuisiner. Eugen soupire. « Ta promesse n'a aucune valeur. Tu ne pourras pas t'en empêcher. Ce serait plutôt à moi de demander ce qu'il faut faire pour que tu arrêtes, mais je sais bien que ce n'est pas possible. » C'est vrai, s'il avait pensé avoir une chance, peut-être qu'Eugen aurait profité de la situation pour le lui demander. Il ne se fait guère d'illusions. Sevan dit cela pour le rassurer, pour lui faire croire qu'il peut changer. C'est un mensonge. Sevan Nylund ne changera jamais, il faudrait pour cela qu'il ait un cœur, et il en est totalement dépourvu. « Pourquoi faut que je sois là ? T'es vraiment sûr que tu ne peux pas te trouver quelqu'un d'autre ? » : ajoute-t-il d'une voix douce, avec un petit sourire amusé. Sois sincère, Sevan. C'est tout ce que demande Eugen pour le moment.
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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Sam 16 Aoû - 12:02

Ne pas pouvoir te séparer d'Eugen te perturbe. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il faut forcément qu'il soit là ; qu'il interfère dans ta vie pour que tu te sentes bien ? Que t'a-t-il fait ? Qu'a-t-il fait pour que tu deviennes dépendant de lui contre ton grès. Car oui, tu es bel et bien dépendant d'Eugen Haywood-Smith. Sans lui, ta vie n'est rien. Sans lui, ta vie est fade. Les gens ne te regarderaient plus de la même façon si tu leur disais ce que tu penses sur le noiraud. Il faut qu'il reste près de toi. T'as besoin de lui, aussi fou que cela puisse paraître. Et qu'importe ce qu'il peut bien penser de toi, t'as été honnête avec lui pour une fois. Aucun mensonge. De toute façon, pourquoi mentirait-il sur un sujet tel que lui ? Le besoin d'une personne n'est pas une chose avec laquelle tu rigoles. Il est important, à tes yeux, bien que tu le fasses souffrir. Sûrement est-ce parce qu'ainsi, tu sais qu'il ne partira jamais ? C'est ta façon à toi de t'assurer que jamais il ne décidera de partir sans te prévenir. Parce qu'en menaçant son père, tu l'obliges à rester près de toi. De part ce fait, la peur de le voir disparaître de ta vie n'est plus qu'un souvenir lointain.

Tu soupires, voyant qu'il ne réagit pas et passes de l'eau sur ta blessure. Mine de rien, le fait de sauter du premier étage t'a fait plus de mal que de bien. T'as l'impression que tes doigts vont tomber. Tu aimes la couleur du sang, mais seulement lorsque celui-ci ne provient pas de toi. En cet instant, tu es plus qu'énervé par le fait d'être blessé physiquement. Brusquement, Eugen te dit que tu peux te servir dans sa boîte à pharmacie. Tu te tournes vers lui et le fixes, les lèvres entrouvertes, sans pour autant parler. Tu secoues la tête et prends un torchon pour l'enrouler autour de ta blessure à la main droite. Hors de question de lui devoir quelque chose. Il pourrait très bien te sortir un jour que c'est grâce à lui si tu as toujours ta main. N'importe quoi. Tu détestes dépendre de quelqu'un ; il est hors de question que tu lui demandes de l'aide. Non. Jamais. Ou du moins … pas maintenant. Pas pour l'instant. T'es encore trop borné pour oser te montrer faible devant quelqu'un. Tu t'assois finalement sur l'une des chaises présentes autour de la table à manger. Eugen lui, reste debout et ne te parle plus. Tu baisses les yeux et regarde toutes les marques présentes sur la table. Est-ce lui qui les a toutes faites ? Son père ne lui dit rien ? Tu te mords le creux de la joue et relèves la tête en entendant le noiraud soupirer. Quoi encore ? N'as-tu pas été assez clair ? Tu n'as pas envie de partir. Pas pour l'instant. Vous devez parler. Ou du moins, il doit te dire ce qu'il veut. Mis à part le fait d'avoir envie de mourir ou d'être libre, que veut-il d'autre ? Alors, il ne te croit pas, hein ? Es-tu si cruel à ses yeux au point de ne pas pouvoir tenir tes promesses ? Tu veux bien faire un effort. Ne plus l'humilier devant les autres, mais tu sais qu'à certains moments, tu te laisseras aller. Et visiblement, Eugen en a conscience lui aussi. Tu fronces le nez et baisses la tête, frustré de ne pas obtenir ce que tu veux depuis plusieurs minutes déjà. Qu'il accepte le marché bordel ! Tu commences sérieusement à t'impatienter. Tu n'es pas fait pour attendre bêtement que les choses changent. Tu grognes et le regardes à nouveau. Le sourire narquois qui étire ses lèvres t'énerve. Comment ose-t-il sourire de la sorte alors que tu es limite en train de te dévoiler devant lui. Personne ne t'a jamais vu tout essayer pour garder quelqu'un près de toi. D'habitude, si les gens ne veulent plus traîner avec ta « grande » personne, tu les laisses faire. Tu t'en contre fiche. Eugen devrait comprendre qu'il est unique à tes yeux.

Tu déglutis et serres les poings, mais grimaces très vite face à la douleur. Tu te mords la lèvre inférieure et redresses légèrement la tête. Ce que tu vas lui demander va te faire beaucoup de mal, mais s'il faut que tu en arrives à là pour qu'il comprenne que tu comptes sur lui, alors autant jouer le grand jeu. « Tu pourrais m'aider avec ma main ? Je suis droitier. J'vais avoir du mal à la bander et à bien désinfecter. » Demandes-tu avec une once de douceur dans la voix. Tu plonges ton regard dans le sien, voulant lui montrer que tu ne comptes pas t'énerver, pour une fois. Tu souffles et attends, le fixant sans rien dire de plus avant de te redresser sur la chaise pour ne pas t'affaler sur cette dernière. Dans le fond, ce que tu viens de dire est vrai. Tu n'es pas très doué de ta main gauche, ainsi, t'as besoin de lui pour que ta blessure soit bien désinfecter. Tu le fixes, attendant une réaction de sa part. « Et oui, je suis sûr de ne pas pouvoir trouver quelqu'un d'autre. Enfin … bien-sûr que je peux me trouver un autre souffre douleur, mais y'a pas deux Eugen. Tu vois … T'es du genre, unique. Le genre de type que j'veux pas voir partir. Tu devrais le savoir, Eugen. Tu devrais me connaître depuis tout ce temps. D'habitude, si les gens veulent se tirer d'ma vie, ils peuvent le faire. Mais toi, j'veux pas. C'est pas comme si t'étais un trophée, mais t'es tout aussi important. » Tu parles tout en le regardant droit dans les yeux, histoire qu'il comprenne bien que t'es sérieux. Tu rejettes la tête en arrière et fermes les yeux, les lèvres entrouvertes. Bordel de Zeus. Il t'oblige vraiment à t'ouvrir à lui ? Ta carapace se fissure petit à petit face à Eugen, mais tu ne veux pas qu'elle se brise entièrement. Il va falloir que tu fasses attention. Que tu lui montres que c'est toi le maître du jeu, le plus fort et le plus riche. Après tout, l'argent ne fait pas tout, mais il fait le pouvoir. Et toi, t'es celui qui détient le plus de pouvoir ici. « Et si, j'pourrais arrêter. Laisse-moi une chance, Eugen. Une chance de me rattraper. Je suis sérieux, putain ! Pourquoi t'arrives pas à comprendre ça, hein ? J'veux pas te perdre. J'veux pas qu'tu crèves. C'est si compliqué à comprendre ? J'peux faire des efforts, si ça te permet de te sentir mieux. J'te l'promets, Eugen. » Dis-tu, tes yeux toujours accrochés aux siens. Tu baisses finalement la tête et fixes la table, ne pouvant plus supporter de le voir aussi insatiable avec tes paroles.

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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Sam 16 Aoû - 18:16

Il n'y a pas vraiment de gentillesse dans le cœur d'Eugen. Ce serait une erreur de croire qu'il est gentil parce qu'il est une victime. Au fond, lui-même n'a pas de générosité en réserve. Et, s'il avait eu une vie normale, il aurait certainement eu une personnalité très proche de celle de Sevan, quoique moins pire tout de même - impossible d'égaler un tel monstre. Il n'éprouve pas la moindre compassion pour le jeune Nylund et sa blessure. Il ne proposerait pas de l'aider. De toute façon, lui ne demande pas d'aide quand il se blesse : il se soigne lui-même. Au fond, Eugen n'est pas du genre compatissant. Il ne s'attend pas à ce que les autres s'attendrissent sur son sort. Il a l'habitude d'être confronté à de l'indifférence, alors il est assez indifférent à celle que peut ressentir Sevan. De toute façon... il n'a pas l'air de s'en plaindre non plus. Du moment qu'il ne s'en plaint pas plus tard... c'est tout ce qu'il lui demande. De ne pas lui mettre la responsabilité sur le dos ensuite. Il connaît Sevan, il sait qu'il trouve facilement un prétexte quand il veut faire du mal à quelqu'un, et il en aurait un très facile à exploiter. Enfin... ce n'était pas vraiment le problème auquel il pensait le plus jusque là. Juste à faire partir Sevan. A trouver le moyen de le faire quitter sa vie définitivement... En même temps, il doit avoir développer une forme de syndrome de Stockholm qui le pousse à refuser la facilité ; qui cherche à créer un contact avec Sevan en se comportant presque comme un ami. Tel est le sens de son sourire amusé. Il n'oserait pas en faire autant s'il n'avait pas l'impression d'une proximité, même illusoire, avec le Nylund. Il n'ignore rien de son caractère ; il sait que cela lui déplaira. Mais il est comme ça, Eugen. Il n'ose pas faire du mal à quelqu'un, mais il joue avec le feu. Peut-être espère-t-il le pousser à le tuer de ses propres mains, dans un accès de colère.

Sevan tourne son regard vers lui et lui demande de l'aider pour sa main. Eugen a bien vu qu'il était réticent à utiliser son armoire à pharmacie alors que c'est lui qui la propose. Il comprend donc qu'il y a quelque chose. Qu'il veut lui prouver quelque chose... Ne serait-il pas en train d'exposer sa faiblesse ? C'est comme cela qu'Eugen l'interprète. De toute façon, il ne jugera pas Sevan. Et il obtempère parce que c'est dans sa nature de sauter quand Sevan lui dit grenouille. Eugen s'assoit à son tour et prend doucement la main blessée entre les siennes, observant la blessure avec un mélange de fascination et de consternation. De telles blessures lui paraissent belles, mais il est dépité de constater que Sevan ne l'a même pas fait exprès. Il prend un coton, l'imbibe de désinfectant et commence à le passer sur la blessure, sans le prévenir que ça risque de piquer. Eugen n'aime pas quand ça ne pique pas, il a l'impression que le produit n'est pas efficace. Il ne lui répond pas pendant tout le procédé. Pourtant, Sevan lui a dit bien des choses. Mais Eugen ne les entend pas. Il se contente de le soigner. Ce n'est que lorsqu'il finit son bandage qu'il relève les yeux vers son visage et le regarde en soupirant. « Je suis unique parce que je n'ai pas mon pareil pour me faire torturer. Tu parles d'un compliment. » Eugen se relève et range la trousse de secours dans l'armoire, avant d'aller se laver les mains dans l'évier. « Fais ce que tu veux. » Il n'en dira pas plus. C'est sa façon à lui de dire qu'il a une seconde chance... parce qu'il l'aurait eue de toute façon. Le jeune homme n'a pas le choix, il est obligé d'obtempérer dans tous les cas. Cela dit, il est quand même curieux de voir si Sevan est capable de faire des efforts. Lui non plus n'a pas le choix. Il a bien vu où menait son attitude. Il ne désire pas que cela se reproduise, et même en menaçant son père, il est tout de même conscient que ce n'est pas une garantie suffisante. Qu'Eugen peut recommencer. Et encore, le jeune homme ne lui a toujours pas dit que ce n'était pas sa première tentative, même si c'était la seule sérieuse. Il ne compte pas le lui dire. Sevan péterait un câble et Eugen a envie de calme, maintenant. Il n'a pas l'habitude que sa maison soit aussi agitée.

Il retourne s'asseoir à côté de Sevan, et ses doigts se mettent à parcourir les diverses entailles qui ont été faites sur la table. Et non, il est loin d'en être le seul responsable. Son père adoptif est aussi une personne violente qui ne se contrôle pas toujours très bien, il ne faudrait pas l'oublier. « Ne va pas croire qu'aujourd'hui va changer quoique ce soit. A mes yeux, tu restes le même, Sevan. » Il ne cherche pas tant à lui dire qu'il ne dira rien de ce qu'il a aperçu derrière la carapace de Sevan qu'il ne compte pas cette bonne action comme un acte à mettre son crédit. Sevan l'a sauvé de la mort ? Peu importe. Ce n'est pas pour autant que l'opinion d'Eugen va changer à son sujet.
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MessageSujet: Re: je ne voulais pas ça. (eugen) Mer 20 Aoû - 10:52

Comment lui dire pourquoi tu ne veux pas qu'il parte quand toi-même, tu ne sais pas pourquoi ? Eugen devrait pouvoir comprendre ça. Il devrait comprendre que tu es complexe et que parfois, tu n'arrives même pas à te comprendre toi-même. Il y a des jours où tu aimerais te frapper tellement tu t'énerves. Comme en cet instant. Alors que tu viens de lui demander de t'aider avec ta main. Tu ne veux rien lui devoir et pourtant, tu lui demandes de l'aide. C'est un peu comme pour lui prouver quelque chose. T'es dépendant de lui. Complètement accroc ; comme si Eugen était ta drogue. Une drogue que l'on ne veut avoir que pour nous. Tu souffles et le regardes se poser à côté de toi. Trop proche. Trop proche, putain. Tu détailles son visage une nouvelle fois. Ses yeux. Son nez. Ses lèvres. Ses pommettes. Son menton. Ses sourcils. Tu aimerais caresser ses joues, dévorer ses lèvres des tiennes, mais comment le prendrait-il ? Ce n'est pas une question de sentiments ; c'est juste une envie. Oui, c'est seulement une envie. Un long frisson te parcourt le long de l'échine lorsqu'Eugen prend délicatement ta main entre les siennes. Tu te retiens de pousser un soupire d'aise. Il pourrait le prendre bizarrement. Ses mains sont douces. Enfin, d'après toi. Parce que les tiennes sont sèches et dures à force de frapper les autres. De le frapper en particuliers. Tu fixes son visage tandis qu'il désinfecte ta blessure. Tu couines légèrement et te crispes. Bordel, il pouvait pas mettre moins de produit ?! Tu souffles et fronces les sourcils, te retenant de faire une remarque désobligeante. Hors de question de te montrer méchant. Tu sembles faible pour une fois, mais tant que c'est devant lui, ça va. Il bande ta main et son regard croise le tien. Automatiquement, tu baisses les yeux et tires ta main loin des siennes comme un geste apeuré. Tu déglutis et regardes le bandage. On voit qu'Eugen a l'habitude de s'en faire. Il a fait ça tellement facilement.

Le voilà qui reparle une nouvelle fois. Ce qu'il te dit t'énerve. Comme si tu le pensais réellement. T'aurais préféré quelqu'un te suppliant de l'épargner. Quelqu'un te regardant d'un apeuré. Eugen est différent. Parce qu'il suscite en toi ce que les autres ne peuvent pas ; le respect. Même si tu ne lui en montres pas ; tu respectes énormément le jeune Haywood-Smith. Parce qu'il ne s'est jamais rabaissé à te supplier, ni même à pleurer devant toi. Parce qu'il s'est toujours montrer courageux. Parce qu'il est bien plus fort que tous les autres ; bien plus fort que toi, aussi. Tu le regardes se lever. Il range la boîte à pharmacie  sa place et tu soupires, passant une main dans tes cheveux pour les remettre en place. Tu souris lorsqu'il te dit de faire ce que tu veux. Il accepte alors ? Il accepte de te donner une seconde chance ? Tu frémis et le fixes, le regard pétillant. T'es heureux, ouais. Et tu ne comptes pas le cacher. Parce que, pendant un court instant, t'as cru perdre Eugen pour toujours. Finalement, il vient se rasseoir à côté de toi et tu regardes ses doigts parcourir toutes les traces présentes sur la table. Eugen est violent, lui aussi. Tu l'as vu aujourd'hui. Toi qui pensais qu'il était pur, tu te trompais. Eugen est loin d'être blanc comme neige, tu le vois finalement. Il peut se montrer violent et complètement barge. Comme toi. Comme le reste de ta famille. Tu soupires et relèves les yeux vers lui. « Je sais. Je sais que tu me détesteras toujours, quoi que je dise et quoi que je fasse. C'est dans ma nature, Eugen. J'pourrais jamais changer ou alors, petit à petit. Enfin, j'en sais rien, en fait. J'ferai des efforts, je te l'ai dit, OK ? Qu'importe que tu me voies comme un connard jusqu'au restant de ta vie, j'm'en fous. Tout c'que j'veux, c'est qu'tu n'partes pas. » Dis-tu avant de te redresser. Tu finis par te lever complètement et laisses un long soupire lasse s'échapper d'entre tes lèvres. Tu t'étires, puis fais craquer ta nuque avant de remettre la chaise en place. Tu jettes un regard vers ton « ami ». « J'vais te laisser. J'vois que t'as pas vraiment envie de parler. J'me tire. A plus, Eugen. » Dis-tu avant de sortir de la pièce sans attendre aucune réponse de sa part. Tu sors tes écouteurs et les branches sur ton téléphone. Tu montes le son au maximum avant de lancer ta playlist préférée. Faut qu'tu rentres. Que tu dormes. Ce week end, personne ne sera chez toi. Tu n'auras qu'à dire à Eugen de venir squatter. De toute façon, il sera bien obligé de dire oui s'il ne veut pas t'énerver.

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je ne voulais pas ça. (eugen)

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