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la faute à l'alcool (maud)

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MessageSujet: la faute à l'alcool (maud) Mer 6 Aoû - 20:33

fond sonore la musique bat son plein. on s'entend peu, on parle fort pour se bousiller un peu plus les tympans. j'saurai pas dire pourquoi j'suis dans une boîte, c'est pas vraiment un endroit que je fréquente ordinairement. j'me pose pas trop de questions ce soir. assis sur un haut tabouret j'viens siroter le fond de mon verre de whisky puis regarde un peu les gens danser ; les fêtards ambulants se retrouve sur le dance floor. c'pas trop mon truc. c'pas trop mon genre. j'sais pas danser puis j'ai pas le goût non plus. j'broie pas du noir, non - du tout. je préfère juste boire un peu, dépenser un peu fric sans penser à le regretter demain. c'est bien parfois de ne pas trop compter, ne pas trop penser à tout ça. cela change. cela fait du bien. pendant la soirée, j'croise le regard du nana. blonde, nature - carrément sauvage avec ses cheveux en bataille. ça me plaît. elle ressemble pas à toutes celle qui bougent leurs culs contre des mecs en manque de langoureux instants charnels. on parle un peu, j'lui paye un verre, elle m'en paye un - on fini un peu la tête à l'envers. surtout elle. et on sort, on marche - on retrouve ma baraque. elle est à deux doigts d'vouloir se baigner dans la mer mais merde, j'rentre moi. j'laisse la porte ouverte pour qu'elle s'invite. et je viens ouvrir mon frigo pour en sortir deux bières. j'suis pas déchiré. à côté il y a maud, prête à tomber à chacun de ses pas. je ris un peu puis tapote la place libre à côté de moi.
- va-y viens.
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MessageSujet: Re: la faute à l'alcool (maud) Ven 8 Aoû - 8:05


Son corps est de rythme et d’alcool, son cœur pulse dans la musique et l’euphorie. Ce soir elle danse, Maud la lionne, rieuse lionne aux cheveux d’or qui hagards s’accrochent à ses lèvres, à ses phalanges blanches qui les ramènent en arrière. Elle aime la nuit et vit d’étoiles, ces millions d’éclats colorés, allumés dans ses cheveux par les lumières dans le noir de la boîte, et qui dansent aussi, allumés et éteints déjà, furtifs et vifs, inconstants.

Au bar, auquel elle vient bientôt se ravitailler, un loup solitaire savoure son whisky. Ses regards pénétrants s’immiscent entre tous ces gens auxquels il ne se mêle pas, se posent sans gêne – Maud les sent cyniques déjà, et déjà elle aime ça. Il l’observe un moment, et depuis un moment ils se rendent leurs regards. Bientôt ce sont leurs mots qu’ils échangent. Légère et insouciante, la lionne pose ses jolies fesses près de lui, ils discutent et ils boivent, s’offrant tour à tour un verre. La lionne blonde, et le loup brun. Le grand flou de lumières derrière eux est sapé peu à peu par la dilution de leurs sens alcoolisés.

Au grand air noir de la nuit, ils accrochent leurs paroles vagues et rêveuses, et Maud elle continue de danser en marchant, rayonnante de cheveux blonds et d’une grande joie. Elle aime la nuit et vit d’étoiles, ces points d’argent piqués au ciel vers lesquelles elle lève la tête jusqu’à ne plus voir qu’elles, et qui lui semblent alors si proches. Bientôt la tête lui tourne et elle vacille, comme une flamme vacille et va s’éteindre – alors elle doit baisser la tête, elle doit le regarder à nouveau. Cézanne, Cez. Il est plutôt mignon, elle se dit. Un peu ronchon, peut-être. Surtout quand elle est prête à se foutre à poil pour sentir les vagues lui mordre sa peau nue, la couvrir des reflets que la lune allume à la surface de l’eau.

Ils sont chez lui soudain, elle sait pas trop d’où lui vient la présence d’esprit de fermer la porte derrière elle. Elle sait plus trop depuis où ils sont venus, ni combien de temps ils ont marché. Elle est complètement bourrée, mais il l’invite à s’asseoir, elle trouve refuge près de lui. Il lui tend une bière, elle la saisit, la jauge du regard, la dépose devant elle en disant qu’elle va attendre un peu. Lui, ça l’fait marrer, il est pas encore à son niveau à elle, bien qu’elle ait pas trop de mal à dire des choses à peu près sensées. Appuyée nonchalante contre lui, elle a pris son bras qu’elle regarde fascinée. « j’aime tes tatouages, » déclare-t-elle simplement et avec une conviction appuyée. Elle remarque qu’il en a d’autres, juste devant les épaules, que son maigre t-shirt laisse dépasser légèrement. « j’peux les voir tous ? » elle demande avec une naïveté de grande enfant, une candeur adorable et jouée, agrippant déjà de ses doigts imprécis le tissu qui la gêne.

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MessageSujet: Re: la faute à l'alcool (maud) Ven 8 Aoû - 10:11

fond sonore dès que mon regard s'invitait à travers les gens, j'ai senti ses yeux dirigés tout droit vers moi. je les ai accroché et je ne les ai plus lâché. malgré la distance je les devinais d'un bleu très clair ; je ne me suis pas trompé. elle s'est avancé, j'ai souris en coin poliment puis elle s'est assise près de moi. on parle un peu, beaucoup - progressivement on se laisse aller à quelques verres. un de plus, encore un peu et puis on s'casse. on s'barre de cette boîte où il fait bien trop chaud. de cet endroit où il fait bien trop tout. ça flingue. ça pue. une fois le nez dehors, on respire à plein poumon. la température est tellement agréable maintenant ! c'est pas comparable. l'air à beau être pollué on s'en carre. c'est peut être pas sain mais au moins tu as pas ces odeurs de parfums ou de transpiration qui se mélange entre elles.
vous marchez, longuement - enfin pas tant que ça, je n'habite pas si loin de la boîte de nuit. la plage n'est pas trop loin et au fur et à mesure je sens déjà l'odeur du sel me chatouiller les narines. c'est peut être aussi pour ça que maud a voulu se baigner, courant sur le chemin descendant jusqu'à la baraque. vite calmée, elle reste sage. je ne sais pas si elle boude mais ce dont j'suis conscient c'est qu'elle rit, c'est qu'elle est à deux doigts de tomber à chacun de ses pas. bon sang qu'elle est bonne quand même. j'entends la porte qui claque puis je me retiens de râler. on va pas gâcher une si belle soirée, non ? pour une fois que je ramène quelqu'un. ça fait longtemps d'ailleurs.
clairement, ce n'est pas moi le plus alcoolisé des deux. non. l'euphorique c'est elle;
maud.
elle fait très peu sainte là mais qu'est-ce que j'en ai à foutre ?
rien.
j'aime bien cette nana. déjà sobre je la trouvais sympathique, étonnement.
là, elle m'amuse. j'en oublie ce tas de facture qui m'attend demain. j'crois que j'aurai préféré être sur un chantier qu'à ma table de cuisine à calculer mes frais. merde.

elle s'effondre sur le canapé, il craque un peu sous son poids mais elle semble tellement légère qu'on s'en fou royalement. façon c'est pas sa faute. ce fauteuil est tellement vieux que c'est l'arthrose de ses fers qui grince. je souris en coin, je la regarde reposer la bière sur la table basse. elle a décidée d'être sage un peu ? de se contenir ? quoi que c'est une bonne idée quand même. j'humecte mes lèvres puis la sens qui prend mon bras. je pose mon regard intrigué et mon sourire s'élargit.
- merci.
elle n'a pas l'air de vouloir se contenter d'apercevoir les autres juste comme ça. présentés comme tel, un peu caché par mon marcel. elle me demande gentiment la permission et déjà ses doigts viennent agripper le tissus de mon haut. je la regarde un instant dans les yeux puis viens reposer ma bière sur la table et puis je viens enlever mon haut pour lui montrer les autres.
combien j'en ai ? sans doute une vingtaine, j'ai arrêté de compter à partir du cinquième tatouage. ainsi elle peut mater ma peau recouverte ici et là d'encre. un sur le ventre, quelques uns sur l'autre bras. sans compter sur mes mains. dans mes paumes. je me penche pour récupérer ma bière, lui laissant l'entière vue sur celui que j'ai sur les côtes. "fuck love."
- t'en as toi ?
j'accroche ses pupilles.
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MessageSujet: Re: la faute à l'alcool (maud) Ven 8 Aoû - 18:57


Dans un bruissement d’étoffes il enlève son marcel, sous les yeux indiscrets de la jolie Maud. Elle n’en perd pas une miette, quitte à le regarder à la dérobée, doutant que ça le gêne, croyant vaguement même sentir que ça lui fait plaisir. Curieuse et attentive, elle détaille chaque arabesque d’encre, observe chaque mot, chaque motif (elle sourit, fuck love, elle est bien d’accord). Bientôt elle les explore du bout des doigts, lentement, elle pose ses mains chaudes sur le corps de Cézanne. Sur le ventre elle glisse, sur les côtes, sur le torse ; elle redessine la forme circulaire des tatouages qu’elle voulait voir, un différent de chaque côté, devant ses épaules. Il n’est pas tant musclé, finalement, juste ce qu’il faut – il est parfait, il est désirable.

Lorsqu’elle a fini son inspection, elle sourit, quoi qu’elle n’ait sûrement jamais cessé de le faire sans plus s’en rendre compte. Elle le regarde recueillir au goulot une gorgée de bière, elle aime la façon dont il s’est installé là et sa façon de bouger, tranquille et nonchalant. Elle a conscience de son charme, qu’elle perçoit clairement de ses sens déboussolés, et peut-être même d’autant plus qu’elle est ivre. Dans son regard qui l’accroche, elle s’imagine un monde idéal. Et puis il lui demande ce qu’il en est pour elle, si elle a des tatouages. Elle soutient un instant son regard, et sur une impulsion soudaine elle se redresse, attrape le bas de son petit haut – en une seconde elle l’a enlevé, en une seconde il est par terre à leurs pieds, et elle en soutien-gorge. La dentelle sombre fait plus claire sa peau diaphane, et sa peau diaphane plus sombre la dentelle. Elle le laisse la scruter, elle le laisse chercher, mordant ses lèvres pour ne pas rire. Mais trop bourrée pour garder son sérieux, elle hausse finalement les épaules avec une moue rieuse, et puis elle fait le constat évident, avec emphase, devant la mine interrogative de Cez. « non, pas le moindre. » C’était juste un prétexte pour se désaper, en gros.

« j’sais pas j’aime bien, avoir la peau toute blanche. » Complètement à l’aise, elle ne semble plus même se rendre compte qu’elle a enlevé son top, elle a juste un peu moins chaud. D’un geste qu’elle ne semble même pas avoir médité, comme si son corps seul en avait pris l’initiative, elle attrape le marcel du brun, resté près d’eux. Elle sait pas trop ce qu’elle veut faire avec, elle le garde juste dans ses mains, comme lui garde sa bière. Ses yeux se posent par hasard sur le tatouage qu’elle a déjà relevé mais déjà oublié. « fuck love, » elle lit. « alors y’a une raison à ce que tu aies choisi ça ? genre expérience amoureuse ratée, cœur brisé, mauvais coup ? ou bien c’est genre ta devise de loup solitaire et endurci pour soi-disant dissuader les nanas, tout en sachant que ça va les attirer encore plus ? » elle demande avec ironie, malice et tendresse. Elle devient bavarde, Maud, quand elle est complètement faite et qu’elle est en confiance. Elle pourrait parler des heures, et elle parle de ses mains aussi, ses mains qui lâchent le marcel pour vivre de gestes évasifs et grisés, comme d’une vie indépendante, puis s’en ressaisissent aussitôt. Il y a quelque chose de sensuel en elle, quelque chose d’aguicheur dans ses mots, mais elle ne s’en rend pas vraiment compte, elle ne le veut pas vraiment. Pour l’instant elle a envie de rester là à le regarder encore, elle a envie de parler, de l’entendre – elle a envie de rêver.

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MessageSujet: Re: la faute à l'alcool (maud) Lun 11 Aoû - 14:24

fond sonore une fois mon marcel enlevé je sens déjà le regard de maud. je le devine rêveur, curieux surtout puis peut être même inventif d'idées tordues. je ne la regarde pas pour l'instant, je me contente de boire un peu de bière - jusqu'à sentir sa main se poser sur mon épaule. je tourne la tête. un sourire étire ses lèvres roses et je les fixe un instant. je sens ses doigts glisser doucement mais sûrement sur ma peau chaude. je serre ma mâchoire pour ne pas trop avoir à frissonner. mais c'est difficile car plus elle explore mon torse et davantage ça éveille ma peau. elle n'a pas conscience de l'effet que ça me fait de sentir ses caresses. ses doigts finissent sur mon ventre et je ne peux m'empêcher de contracter mes abdos. je fini par m'éclaircir la gorge et reprendre mon air un peu grave. celui qui m'est habituel. j'fais alors miraculeusement abstraction de tout ça. de sa présence. de ses mains froides surtout.
j'bois encore - j'fini la bouteille d'une dernière goulée puis la repose un peu bruyamment sur la table basse dont le bois vernis a perdu de sa brillance. j'fini ainsi par lui demander si elle en a aussi.
j'attends - mes yeux sombres virés dans les siens.
j'ai retrouvé un semblant de sourire et je patiente. rien qu'un geste, un mot, quelque chose de la part de la jolie blonde. nos regards ne se quittent point et son top fini par déguerpir de son corps. il glisse sur sa peau et termine par terre. je regarde son ventre qui se tend lorsqu'elle s'effeuille avec assurance. je regarde sa peau et l'imagine un peu trop froide. douce aussi. j'humecte mes lèvres puis décline mon regard jusqu'à sa poitrine emprisonnée par un joli soutien gorge noir. je la matte sans gêne, à la recherche d'encre noire ou colorée.
un temps s'écoule. les pensées trop vagabondes reprennent leur place au fond du crâne. je la vois qui hausse les épaules et puis son rire lézarde les murs de la baraque. je l'accompagne quelques secondes puis me laisse retomber sur le canapé.
c'est vrai qu'elle est pâle comme un cul mais ça lui va bien finalement. ça lui donne une allure particulière. je louche sur ses mains qui serrent mon haut. je trouve ça presque mignon. un peu étrange aussi.
on cause sur l'un de mes tatouages. elle me pose mille et une questions pour que je parle - que je me confie peut être. je hausse les épaules, pas très convaincu - nonchalant puis viens prendre une cigarette dans mon paquet. je viens la foutre dans le coin de mes lèvres puis l'allume. je garde mon briquet entre mes mes mains où je le fais tourner puis je la regarde.
- c'est pas un souvenir ni même un témoignage sur une relation ratée. j'dirai que c'est la trace de mes pensées. j'm'en carre. de tout ça. de l'amour aussi. j'suis pas doué pour ça. 'fin c'est des braves conneries. l'amour avec un grand a, les amoureux transis. c'est dégueulasses !
ô je la ferme !
c'est la merde.
- ça attire les nanas ? et bien elles sont bien connes. je ris doucement. elles perdent leur temps à trop espérer. le prince charmant existe pas ! et j'suis pas le parfait petit copain. ni même le meilleur des amis. c'est comme ça.
je pose mon regard sur la belle blonde puis je souffle la fumée pour dégager mes poumons toujours un peu plus bousillés par cette merde.
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MessageSujet: Re: la faute à l'alcool (maud) Ven 15 Aoû - 13:13

La fumée s’épanche en arabesques blanches et danse… Maud la regarde un instant, ses yeux brillent d’une fascination anormale et sincère, puis elle se tourne à nouveau vers Cez. « j’le savais, » dit-elle avec malice, rieuse. Son regard tombe sur le briquet, qui danse habile entre les mains du brun. Une seconde et elle l’a attrapé, une seconde et elle a pris la bière restée sur la table, une seconde et elle a fait voler la capsule à l’autre bout de la pièce. À croire qu’elle passe sa vie à faire ça. Comme si de rien n’était, elle replace le briquet où elle l’a pris. Ni vu ni connu. Dans son mouvement elle s’attarde, elle est douce, son geste sensuel malgré elle. Et puis leurs peaux cessent de se toucher. Maud s’étend, elle s’affale, elle croise ses jolies jambes. Elle a toujours le marcel sur les genoux, sauf qu’elle arrête de le triturer. On dirait qu’elle est comme chez elle, à l’aise, dans son élément. Manquerait plus qu’elle pose les pieds sur la table en face…

Tout ça a pris si peu de temps qu’elle n’a pas encore oublié dans quel genre de conversation elle s’est lancée toute seule. Elle recommence à parler, sa voix chante ses convictions, plus sérieuse maintenant. « j’le savais, parce que j’pense que t’as raison. » Elle lève la tête, c’est comme si elle voulait parler pour le ciel et les étoiles – son regard est rêveur et voilé pourtant. C’est comme si elle était ailleurs. Ses lèvres rencontrent le goulot, une gorgée de bière s’écoule contre son palet, la fraîcheur amer de ce goût qu’elle aime tant lui semble se diffuser lentement à travers tout son corps. Elle ferme un instant les yeux d’aise, elle a la tête qui tourne mais c’est moins pire que ce à quoi elle s’attendait, et elle reprend la parole sans les ouvrir tout de suite. Elle a l’impression que sa voix s’élève et occupe tout l’espace, elle en imagine les cercles de son, arqués vers le ciel, en forme de volutes de fumée. « il n’y a pas d’amour. je pense pas. j'y crois pas, en tous cas. toutes les nanas sont connes et futiles, quelque part. ou bien manipulatrices. et tous les mecs sont des ordures, ou alors trop naïfs pour voir qu’ils s’font mener par le bout du nez. et les uns comme les autres, ils se gourent tous, quand ils croient aimer. en vrai c’est eux qu’ils aiment. ils aiment ce que l’autre leur renvoie d’eux-mêmes. il n’y a pas d’amour, il n’y a que de l’amour propre. » Elle sent qu'elle dit pas tout ça très bien, mais c'est à peu près ce qu'elle veut dire, en tous cas. Une autre gorgée de bière, elle ouvre les yeux. « et du désir. mais même le désir, c’est une forme d’amour propre finalement. sauf qu’il est bénéfique aux deux, au moins, le désir, il blesse personne. »

Soudain elle regarde Cézanne, et elle se rend pas compte de l’ambiguïté que ce regard peut avoir, à ce moment précis de sa pseudo-tirade. Elle est trop embrouillée dans des pensées imprécises et flouées, qu’elle peine à ressaisir dans l’état où elle est – et dans des souvenirs qu’elle évacue, parce qu’elle est trop bavarde et que ses paroles, comme toutes paroles, reflètent un vécu. Seulement elle n’est pas triste, ni mélancolique, ni quoi que ce soit – elle parle d’une voix posée, presque objective, détachée. Il y a bien quelques images qui se rappellent à sa mémoire, mais elle n’y adhère pas totalement, ces images ne la touchent pas – elles sont comme les souvenirs d’une autre personne, d’une autre Maud qu’elle enterre et a toujours enterrée.

« t’façons comment ça pourrait se passer autrement, dans c’te foutue société… ! on n’y apprend que l’égoïsme et l’avarice, l’égocentrisme, tout pour sa gueule, tant pis pour ceux que ça fait souffrir. tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, et ceux qui sont pas d’accord ils se font bouffer par les autres. à ce meilleur des mondes ! » et elle brandit d’un coup sa bière au-dessus d’elle, et elle fait pas gaffe qu’elle est encore bien remplie. Un peu du liquide ambré chavire et passe par-dessus bord, coule sur sa peau blanche – entre ses seins, sur son ventre, et elle frissonne. Ca la fait rire soudain. « et on peut même pas s’emporter tranquille, » conclut-elle avec ironie et autodérision.

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