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c'était au fond d'un rêve obsédant de regrets. (eugen)

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GOLDENBOY ~ CALIFORNIA KING
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#twits : 99
MessageSujet: c'était au fond d'un rêve obsédant de regrets. (eugen) Sam 2 Aoû - 22:20

" eugen haywood-smith "
SYLVESTER ULV  #EPICFAIL
Prénom(s) il ne porte qu'un seul prénom, Eugen,  le bien né. Assez juste quand on pense que parmi ses ancêtres on compte plusieurs aristocrates et qu'il est né de parents plutôt aisés. Nom son nom de famille de naissance est Sykora, nom slovaque qui signifie mésange. Il a été adopté à l'âge de huit ans et a pris le nom de Haywood-Smith, le patronyme de son père adoptif. Âge il a fêté ses dix-neuf ans, le plus bel âge. Date de Naissance né quelque part dans le froid de décembre, un certain trois février de l'année 1995. Lieu de Naissance à la maternité, dans une petite ville du Nord-Est des États-Unis, à une centaine de kilomètres du littoral. Nationalité il porte la nationalité américaine depuis sa naissance, même si ses parents étaient des immigrés. Origines il n'a pas la moindre goutte de sang américain, ses origines sont toutes situées en Europe centrale, République tchèque pour sa mère, Slovaquie pour son père. Enfin, c'est la version simple, on pourrait lui trouver des ancêtres dans tous les pays voisins et jusque dans les Balkans, c'est dire le mélange... De même, le statut social de ses ancêtres est très varié, on trouve des aristocrates, des mineurs, des paysans miséreux et même un bandit qui s'est fait un nom à son époque. Job il faut bien travailler si on veut avoir des sous. Et comme il traîne avec des amis riches, il faut que son portefeuille soit un minimum rempli s'il veut ne pas avoir l'air trop pauvre. Du coup il travaille comme vendeur chez un libraire sur son temps libre. Etudes au départ, il ne voulait pas faire d'études, il n'aime pas cela. Mais vu que tous ses amis traînent à la fac, il s'est un peu laissé entraîner et a commencé des études de linguistique. Le débouché envisagé ? Aucun. Statut monétaire on ne peut pas le qualifier de pauvre, mais il fait quand même assez attention à son argent, son père ne gagne pas tant que cela Etat Civil il ne s'aime déjà pas lui-même, impossible d'aimer une autre personne... quoique. Peut-être ne s'aime-t-il pas parce qu'il aime quelqu'un d'autre, allez savoir. Orientation Sexuelle il le saura quand il osera explorer le fond de son cœur.
Il y a de ces gens qui n'ont pas forcément une vie dramatique mais qui ont quelques petits problèmes et ne savent pas comment les résoudre. Avec eux, tout semble être une montagne. C'est un peu comme cela qu'il est, Eugen. Il pourrait facilement se casser comme une brindille. Il est fragile, et il a peur de la solitude. Alors il suit le courant, il fait comme les autres. Et il accepte qu'on lui fasse du mal. Contrairement à ce qu'on pourrait s'attendre, Eugen cache une véritable propension à la violence. Mais évidemment, il est trop gentil, trop discret pour l'extérioriser, alors il la reporte contre lui-même. Ce n'est pas qu'il se déteste ou déteste le monde. C'est juste qu'il est paumé, qu'il ne sait pas trop comment réagir. Alors il avance dans la direction qu'on lui désigne, mais cela ne lui plaît pas. Eugen est juste quelqu'un qui n'a pas eu de chance. Parce que du caractère, il en a, c'est juste qu'il n'ose pas l'extérioriser. Personne ne dirait en le voyant que c'est quelqu'un de fier qui déteste quand on l'embête, et pourtant, c'est le cas, à cause de son attitude réservée. Eugen est simplement quelqu'un qui ne montre pas sa vraie nature.
it's time for hot news △ en fait, ce n'est pas tant de lui qu'on parle, c'est plutôt de ses parents. Les Sykora ont disparu il y a plus de dix ans, et on ne sait pas vraiment ce qui leur est arrivé. Alors forcément, cela fait jaser. Certains vont même jusqu'à dire qu'avec une telle personnalité, c'est Eugen qui les a tués... Sinon, la famille Haywood-Smith ne fait pas vraiment l'objet de ragots, le père comme le fils sont typiquement le genre de personnes qu'on ne regarde pas. Le père est garde du corps pour les Nylund et on s'intéresse bien plus à son employeur. Le fils est dans l'ombre de ses amis, on entend surtout parler de lui quand ses amis se font remarquer. Dans ces moments-là, il se propage toutes sortes de rumeur. Et puis certaines rumeurs ont été assez cocasses. Certains ont prétendu qu'Eugen était un dangereux terroriste parce qu'il s'est un jour pointé avec une arme... L'imagination des gens est fantasque, que voulez-vous.
Que pensez-vous de l'émission ' Rich Kids of Beverly Hills ? ' Eugen déteste cette émission qui retransmet les faits et gestes de ses amis. En effet, ce qu'elle retransmet, ce sont ses diverses humiliations. Allez savoir pourquoi, il y a toujours une caméra pour filmer les moments difficiles. Eugen a une image déplorable aux yeux de l'Amérique. Bizarrement, quand il fait quelque chose de bien, il n'y a aucune caméra pour le filmer...
hors jeupseudo/prénom BGG (cherchez pas, j'ai que des pseudos stupides), sans prénom fixe. En vrai c'est Skid. âge un petit effort, ça commence par un deux. pays France. où avez-vous connu le forum ? un Nylund, qui d'autre ? votre présence ? toujours là quand il s'agit de vous embêter. votre personnage est inventé par la caboche de Paul. En fait, parce que c'est Paul. commentaire j'avoue, vous ne pouvez plus vous passer de moi. ♥
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GOLDENBOY ~ CALIFORNIA KING
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#twits : 99
MessageSujet: Re: c'était au fond d'un rêve obsédant de regrets. (eugen) Sam 2 Aoû - 22:21

" eugen haywood-smith "
CALIFORNIA DREAMING + YOUR STORY
L'histoire que je vais vous conter commence par celle d'un homme dont l'existence était toute entière tournée vers la mort. Imaginez un homme grand et costaud, aux cheveux plus noirs qu'une nuit sans étoiles et les yeux plus sombres que les ténèbres tapies au cœur des gens. Un homme qui s'habille toujours de sobres costumes noirs, qui affiche perpétuellement un air renfermé, buté, agressif. Cet homme, pendant sa prime jeunesse, était très certainement un adolescent doux et rêveur. Un orphelin qui ne cessait d'espérer que ses parents n'étaient pas réellement décédés, et qu'un jour, ils viendraient le tirer de sa situation, lui donner une vie meilleure. Il vivait dans une petite maison délabrée de Los Angeles, et n'étant guère doué à l'école, son seul atout était très certainement son physique. Il était doté d'une beauté ténébreuse qui avait le don de charmer tous ceux qui croisaient son chemin. Les filles en tombaient amoureuses, les garçons voulaient être son ami. Il avait un charisme incroyable. Mais cet homme ne s'est jamais attaché qu'à une seule femme de toute sa vie, une femme dont il était profondément amoureux, et qui mourut dans ses bras à l'âge de dix-neuf ans. Désespéré par ce décès, notre héros s'engagea dans l'armée. Il rejoignit les commandos et distribua la mort comme on distribue des bonbons à des enfants : le sourire aux lèvres. Et puis il se blessa, et dut cesser toute activité. Il se reconvertit alors dans la sécurité privée et commença à s'occuper de la protection de riches personnages qui craignaient pour leur vie, à tort ou à raison. Et il devint garde du corps d'une personnalité très connue, qui faisait beaucoup de déplacements. Il rencontra notamment un petit garçon de huit ans, qui avait perdu ses parents dans des circonstances mystérieuses et qui n'avait personne sur qui compter. Il l'adopta, et lui transmit très certainement cette malédiction.
C'est ce fils qui nous intéresse. Pourquoi donc ? Il existe sans doute tout un ensemble de raisons que je pourrais vous donner, mais la plus importante est toute simple : ce fils n'est nul autre que moi-même. Je suis un orphelin qui ai été recueilli par le meurtrier de mes parents biologiques. Cela vous choque-t-il ? C'est un secret que seul mon père et moi connaissons, nul autre n'est au courant. Et je n'ai pas l'intention de dévoiler ce secret. Même si je le hais, je l'aime aussi. Je lui suis reconnaissant pour s'être autant occupé de moi. Pour m'avoir donné tout ce qu'il avait - non pas une fortune matérielle ou un héritage, mais de l'amour. Cet homme m'a aimé comme l'aurait fait mes propres parents. Comment lui en vouloir ? Mes sentiments à son égard ont toujours été très flous, et je ne sais jamais ce que je dois faire. Mais, parce qu'il ne m'a pas tué, moi, je sais que j'ai le devoir de taire son crime jusqu'à ma mort.





« Tu es mon fils, désormais. » Le père se penche vers le garçon, qui n'a pas dit un mot depuis qu'il est venu le chercher chez sa famille d'accueil pour l'amener dans son nouveau foyer. L'enfant tremble. Il ne dit rien, garde les yeux obstinément baissés vers le sol. Il s'est enfermé dans ce silence afin de se protéger. Parce qu'il a peur. Parce qu'il a vu cet homme tuer papa et maman, juste sous ses yeux. Il était là, dans le coin. Assis sagement à jouer avec son nounours en peluche. Il y a encore des traces de sang sur la fourrure, il a refusé qu'on les nettoie. Il n'a pas compris, sur le coup. Il serrait son nounours contre lui en se demandant pourquoi ses parents criaient. Et puis tout est devenu rouge. La couleur a envahi son espace. Mais les cris étaient plutôt faibles. Comme si quelque chose les empêchait de se laisser aller aux hurlements. Comme s'ils voulaient lui donner une bonne image jusque dans leur mort. Finalement, celui qui a brisé le silence, ce fut lui. Lui qui hurla comme un possédé, quand il comprit que quelque chose n'était pas normal. Que ses parents ne bougeaient pas, qu'ils ne bougeraient plus jamais. Et depuis, il se terre dans le silence. Et il suit cet homme qui a tué ses parents, qui est devenu son propre parent. « N'aie pas peur. » L'homme lui tend la main, et l'enfant ne la prend pas tout de suite. Il a peur de ce que cette main a fait. La première fois, elle s'est posée près de son cou. Quelque chose de froid a glissé contre sa peau, dessinant une ligne écarlate sur la surface lisse de sa gorge. Doucement. Délicatement. C'était plus une menace qu'autre chose. Parce que le meurtrier ne savait pas ce qu'il allait faire. Ses yeux étaient plongés dans les siens. Des yeux noirs dignes d'un tueur. Face à ses yeux bleu comme la mer, et innocents comme le premier jour. La pression sur sa gorge avait fini par disparaître. Mais pas la peur. Pourtant, il lui prend la main. Le suit dans la petite maison où il va désormais vivre. Son fils. Il est devenu son fils. Il ne comprend pas comment c'est possible. Ne savent-ils donc pas ce qu'il a fait ? Non, ils ne le savent pas. Cet homme est respectable. Et lui, il n'a rien dit. Il aurait aimé le faire. Mais il se souvient encore que cet homme l'a consolé malgré tout. Qu'il l'a pris dans ses bras et l'a serré fort contre lui. Il aurait pu le dénoncer. A présent, c'est trop tard.
Il entre dans la maison, garde les yeux baissés et n'en aperçoit que le sol. Un carrelage très clair, d'un blanc pur, qui contraste avec l'homme qui habite en cette demeure. Le blanc lui fait mal aux yeux. Il les ferme un instant, sent la poigne de son nouveau père se resserrer légèrement sur sa petite main. Il le tire vers le couloir, et l'enfant suit, docile. Le sol ne change pas. Puis les deux s'arrêtent, et l'homme ne dit rien, attendant de voir la réaction du garçon. L'enfant s'arme du courage et lève les yeux. Ils sont devant une porte ouverte sur une petite pièce carrée, lumineuse, spacieuse. Des murs couleurs crème et cyan. De charmants petits rideaux en dentelle. Un lit spacieux, plus grand que celui qu'il avait auparavant. Quelques meubles de bois clair - armoire, bureau, chaise, miroir. Et des étagères à n'en plus finir. L'enfant sent sa gorge se nouer. « C'est ta nouvelle chambre. J'espère... qu'elle te plaira. » La légère hésitation dans la voix de l'homme - du nouveau père - interpelle le garçon. Il ne semble pas si à l'aise que cela. Lui aussi a peur de quelque chose. Pas de l'enfant, non. On n'a pas peur de quelqu'un qui dépend de votre bonne volonté. Il a simplement peur de ne pas être à la hauteur. De ne pas réussir à être un père. Et l'enfant ne comprend pas.

« Pourquoi ? » C'est le premier mot qui s'échappe de ses lèvres depuis le meurtre de ses parents. Pourquoi fait-il cela ? Pourquoi est-il encore en vie, lui ? Pourquoi veut-il remplacer ceux qu'il a tués ? Toutes ces questions ont-elles une réponse, au moins ? L'enfant s'effondre, à peine retenu par la main de l'homme. Des larmes commencent à se former telles des perles dans ses yeux. Toute la douleur qu'il a toujours contenue existe. Elle le torture. Le désespère. Lui donne envie de fermer les yeux et de se laisser aller, de rejoindre ses parents au ciel, à un endroit où ils seront plus heureux tous les trois. Et il pleure toutes les larmes de son corps. L'homme s'assoit à côté de lui, à même le sol. Hésite. Puis l'attire doucement dans l'asile de ses bras. L'enfant est trop faible pour résister. Ravagé par la douleur, il s'y réfugie. Peu importe que cet homme soit synonyme de mort. Il y a des moments où la souffrance prime et efface les conflits. « Parce que je ne veux pas détruire ta vie. » Et cet aveu est comme une déclaration d'amour paternel à son égard.

L'enfant s'assoit sagement sur la chaise qui lui est allouée. Sa chaise, désormais. L'endroit où il prend ses repas, désormais. En face de lui, toujours le même homme. Avec quelque chose de doux dans le regard, une expression qui n'apparaît que lorsqu'il le regarde, lui. Une expression tendre. Il est gentil. Il lui fait toujours à manger, l'emmène à l'école, lui achète des jouets. Il est patient avec lui. Il le laisse évoluer à son rythme. Mais il a tué ses parents. L'enfant n'arrive pas à l'oublier. C'est comme un boulet à ses pieds. Son père adoptif lui sert son assiette. Le garçon ne sait pas comment il a compris que les brocolis sont ses légumes préférés, d'autant plus que c'est un goût assez peu commun chez un enfant de son âge. Il ne lui a jamais dit ce qu'il aimait. Pourtant, il a fini par trouver. Quand il le voit triste, il lui sert des brocolis. Comme un père attentionné. L'enfant reste muet devant son assiette, incapable d'y toucher. « Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as un problème ? » L'enfant observe attentivement l'homme qui est devenu son père. Il est garde du corps, ancien vétéran de l'armée, et est assez peu enclin à la douceur. Mais le regard qu'il pose sur lui est si doux. Il l'aime de tout son cœur, lui qui n'a jamais aimé personne. Et cela bouleverse le garçon. Il se rend compte que même ses propres parents ne l'ont jamais regardé ainsi. Pourtant, ils l'aimaient. Mais ont-ils jamais eu cette patience ? ce dévouement ? Pourquoi tant d'amour chez un homme avec qui il ne partage rien sinon un secret sanglant, et non chez ceux dont il est la chair même ? « M.. Merci. »  Et il prend sa fourchette pour commencer à manger. Ce père-là cuisine bien. Mieux que sa défunte maman. Il n'a pas souvenir d'un plat qui ne lui a pas plu. Tout est bien, avec lui. Tout est reposant.
Le père l'observe un long moment sans rien dire. Puis il se lève et quitte la cuisine. L'enfant tourne son regard vers la porte. Il ne sait pas pourquoi, mais il est mû par une sombre angoisse. Quand l'autre n'est pas là, il est comme un chiot perdu. Il a besoin de lui et il ne veut pas le perdre. Il a peur de lui, et il a peur de le voir partir. Qu'il l'abandonne. Parce qu'il n'a plus que lui dans sa vie. La maison est désespérément silencieuse. Il ne sait pas ce qu'il fait, et arrête de manger. Puis des bruits de pas se font de nouveau entendre. Le père entre dans la cuisine. Son nounours tâché de sang dans les mains. Les yeux de l'enfant se mettent à briller. Sans s'en rendre compte, il tend la main vers sa peluche et son père la lui donne. Il sert le nounours contre lui, tout doucement. Il a encore une odeur de sang. C'est devenu l'odeur qu'il associe à son ancien foyer. « Tu veux que je le nettoie ? » : demande doucement l'adulte, et l'enfant secoue négativement la tête. Ce qui s'est passé ne disparaîtra pas. Du moins, pas tant qu'ils seront tous les deux en vie. Ils sont des mémoires vivantes. Les seuls détenteurs de la vérité. Et l'enfant prend alors conscience que cela le rend proche de ce père d'adoption. Comme s'il était son complice.

Quand il ne traîne pas avec ses amis, l'enfant est souvent seul à errer dans les rues de Los Angeles. Parce que ses camarades fréquentent les beaux quartiers, comme son père lorsqu'il travaille. L'un d'eux est d'ailleurs le fils de son employeur. Mais quand il doit rentrer à la maison, il est seul. Personne ne vient avec lui. Alors il ne rentre pas tout de suite. L'homme qui est devenu son père ne le dispute jamais. Il se contente d'un lourd regard d'avertissement, mais il ne porte jamais la main sur lui. L'enfant a toujours peur de lui, mais il lui fait confiance. Haine. Amour. Ses sentiments sont si ambigus. Et il rentre seul ce soir. Un petit garçon avec son sac d'école, et un doudou tâché de sang qu'il garde soigneusement caché au fond, afin que personne ne puisse le questionner sur ces taches. Une cible si facile, pour ces gamins qui lui jettent des pierres à chaque fois. Juste parce qu'il passe dans la rue, seul avec son sac d'école. Et il encaisse les projectiles sans broncher. Oui, cela fait un peu mal. Parfois, il saigne. Mais le sang ne lui fait plus peur. La douleur n'est rien par rapport à la souffrance de son âme. L'enfant reste impassible. Immobile sous les cailloux qui pleuvent. Il ferme les yeux. Ce n'est pas la première fois, ce ne sera pas la dernière. Et puis tout à coup, un bras l'agrippe. Un corps se place entre le sien et les projectiles, l'empêchant de les recevoir. L'enfant rouvre les yeux et aperçoit un tissu noir. Une voix grave qui s'élève pour gronder les garnements, qui se mettent à pleurer. Puis une main qui se pose sur son épaule et qui l'emmène au loin.
Cet homme. Encore lui. L'enfant, secoué par les sanglots, s'accroche à lui de toutes ses forces. Il ne pensait pas qu'il pourrait en venir aux larmes, lui aussi. Qu'il pouvait ressentir un tel soulagement. L'enfant ne veut plus le quitter. « Merci... papa. » L'homme se fige, surpris. C'est la première fois que son fils adoptif l'appelle ainsi. Qu'il le considère vraiment comme son père, lui qui a tué ses parents. D'abord gêné, il finit par le soulever et le serrer contre son cœur. « De rien, mon fils. » Et tout est dit. Ils forment désormais une véritable famille.



Il a grandi, l'enfant. Au départ, il était haut comme trois pommes. Mais avec le temps, il est devenu plus grand. Peut-être moins grand que ses amis. Sa taille lui a toujours posé problème. Comment se faire respecter quand on est plus petit et plus chétif que les autres ? Quand on est le seul de la bande à ne pas être millionnaire ? Quand son père est l'employé du père du chef de la bande ? Il y a toujours eu cette hiérarchie très stricte, parmi eux. Ne pas la respecter signifie la porte de sortie. Lui, il est tout en haut. Et l'adolescent, il est tout en bas. Il a accepté ce fait. Ce n'est pas que cela le réjouit, non, il déteste cette place. Il aimerait leur dire, parfois. Que de vrais amis ne se comporteraient pas comme cela. Mais il n'ose pas. Il sait que c'est un petit monde créé sur mesure pour le leader, et que c'est partout pareil. Bienvenue dans le monde réel. Les choses ne tournent pas toujours comme on le veut.
Son meilleur ami s'appelait Jake. Il est loin d'être le plus riche, c'est lui cependant qui le sauve à chaque fois que les choses manquent de déraper. Comme cette fois où ils lui ont piqué son portable et ont commencé à envoyer des messages osés à tous ses contacts. Y compris à son père adoptif, qui n'est pourtant pas une personne à adopter. L'adolescent a eu beau les supplier de le lui rendre, rien n'y faisait. Une semaine passe avant que le chef lui lance un ultimatum. Il les a tous réunis chez lui, dans sa grande maison, profitant de l'absence de ses parents qui sont partis en vacances, le laissant seul dans leur demeure. L'adolescent est le seul debout, au centre du cercle formé par ses amis. Histoire de bien lui montrer sa situation. Il le regarde. Lui qui décide toujours de tout. Lui qui a décidé d'en faire son souffre-douleur fétiche. L'adolescent ne comprend pas trop pourquoi il éprouve le désir de le rabaisser plus bas que terre. Comme s'il avait besoin de montrer qu'il est fort. C'est la première fois qu'il se dit qu'il a peut-être un problème, derrière ses apparences. Qu'il veut paraître dur parce qu'il est faible. Et qu'il est prêt à tout pour le cacher. Il n'empêche que l'adolescent est coincé, là. Parce que lui ne prétend pas être plus fort qu'il ne l'est. Et il obtempère. Il pourra récupérer son portable s'il se défait de ses vêtements ? Alors il les enlève progressivement, sous les yeux attentifs et moqueurs de ses amis. Le T-shirt d'abord, révélant toute la faiblesse de son enveloppe corporelle. Sa peau d'une d'une fragilité blafarde. Ses côtes saillantes et leurs ombres cendrées. Puis les chaussures, le bas. Et il reste là, exposé, vulnérable aux regards. Il imagine la moindre de leurs pensées. Comment un type dont le père est un garde du corps baraqué peut être aussi frêle et minable. On voit même des marques roses qui traînent sur son ventre. Toutes les fois où il a reçu un coup de poing à cet endroit sensible, cela laisse peut-être des traces. L'adolescent baisse la tête et se retient à grand peine de ne pas se couvrir le corps de ses bras nus, dans une tentative dérisoire de conserver un peu de dignité. Et ce sont ces amis, ceux qui l'observent. Surtout lui, qui est juste en face et qui le contemple avec une lueur malsaine dans les yeux. L'adolescent devine ce qu'il va demander avant même qu'il ne commence à bouger les lèvres. Les rires l'enivrent. L'incarnat de sa honte l'excite. Il est grisé par ce sentiment de puissance et il en veut plus. Il le veut en tenue d'Adam, parce qu'il ne saurait se contenter de cela. Et l'adolescent ne sait pas quoi faire, parce qu'il ne peut pas lui dire non. Il le veut, pourtant. Il le désire tellement qu'il éprouve le besoin furieux de lui sauter dessus, de l'égorger, de faire perler le sang le long de son cou. Cette réaction, c'est sa malédiction. Celle que lui a transmise son père adoptif. La mort est notre plus vieille amie... Il entend ces mots, il les comprend tout à coup. Il comprend tout à coup pour son père est un meurtrier. Parce qu'il existe des pulsions que l'on ne peut contrôler, des pulsions si fortes qu'elles nous poussent à détruire les autres. Ou à nous détruire nous-mêmes si nous n'en avons pas la force. L'adolescent pourrait le tuer sur le champ. Est-ce pour cela que Jake intervient ? Qu'il lui pose une main conciliante sur l'épaule et dit c'est assez, qu'il peut partir, récupérer son dû ? Son portable repose désormais dans sa main, mais l'adolescent ne dit rien. Il garde le regard baissé, car il sait que s'il les regardait tous droit dans les yeux, ils y verraient une haine dont ils ne le croyaient pas capable.

Sa première tentative de suicide. Non qu'il ait jamais eu envie de mourir. Du moins, pas sérieusement. Mais il a eu l'impression que sa tête explosait. Il revoyait chacun de leurs sourires en rêve. Ces regards narquois qui le jugent, qui le mesurent. Qui le méprisent. Et dans ses rêves, personne ne vient le sauver. Non, il continue toujours seul. L'adolescent est sans défense face à eux. Ce sont ses amis, et il les apprécie. Mais rien ne pourra les blesser, il n'a pas la force physique nécessaire. Ni même le courage de les poignarder dans le dos. Il ne peut pas résister à sa pulsion, mais il ne peut pas l'accomplir non plus. Il n'a pas assez mauvais fond pour cela, en fait. Et comme il ne peut pas détruire les autres... C'est son père qui le découvre, le couteau à la main. Essayant désespérément de trouver la bonne façon de trancher la peau fine de son poignet. On voit déjà une première entaille écarlate décorer son bras, mais elle est trop haut placée, elle ne pourra pas le tuer. Et l'adolescent qui appuie la lame un peu plus bas, des larmes de chagrin et de rage dans les yeux. Le père agit avec rapidité. Il a l'habitude de réagir rapidement. Il lui ôte le couteau des mains et le gifle violemment, si violemment que l'adolescent a l'impression qu'il lui décroche la tête des épaules. Étourdi, l'adolescent tombe de son lit et ramène ses bras pour se protéger le visage. Le geste est un réflexe profondément ancré en lui, c'est tellement triste. Mais le coup ne vient pas, le père le relève et le serre contre son cœur. « Ne me fais plus jamais cela. Compris ? » Le fils pleure. Il ne parvient pas à s'en empêcher, il a peut-être compris qu'il aurait pu en mourir. Mais il sourit à travers ses larmes, malgré tout. « Qui t'a fait ça ? » : demande doucement le père. Il n'est pas aveugle. Il sait ce qui se passe avec son fils, il l'a déjà vu avec son air hagard, à errer dans le hall en attendant qu'on vienne le chercher, le visage à la fois heureux et angoissé. Il l'a vu rentrer avec des bleus et la tête celui qui s'est battu, mais l'adolescent ne lui disait rien, il en a donc déduit qu'il ne rendait pas les coups. Il sait que son fils ne sait pas se défendre, qu'il ne veut pas le faire, parce qu'il crève d'avoir un peu d'attention. « Dis-moi et je vais le buter... » « Non... » La voix lui arrive comme étouffée, faible et tremblotante, la voix d'un garçon perdu. Et le père se demande pourquoi il s'entête à protéger ceux qui lui font du mal. « Dis-moi qui est ce connard... » L'adolescent secoue doucement la tête. « Tu ne peux rien faire, papa. C'est le fils de ton patron... » Et le père le regarde sans rien dire. Parce qu'il a raison, l'adolescent. Même s'il n'a pas le droit de faire du mal à son fils, ce jeune homme est sans doute une des rares personnes au monde qu'il ne peut pas tuer à l'heure actuelle.

Il a toujours été comme cela, de toute façon, à regarder les autres vivre heureux, et à espérer obtenir un peu d'attention de leur part. Il a recommencé comme avant. La même routine, encore et encore. Même s'il en souffrait profondément. Même s'il craignait de rencontrer son regard. Des tentatives de suicide, il en a fait d'autres. Elles n'étaient pas vraiment sérieuses. A aucun moment l'adolescent n'a envisagé sérieusement de mourir. La mort est une compagne de route, et elle aime ceux qui vivent pour ses beaux yeux. Elle ne lui aurait jamais permis de dormir définitivement dans ses bras. Et il ne mourut jamais. La douleur, elle, restait. Sa pulsion ne s'est jamais éteinte que pour un temps. Il a commencé à faire des choses stupides. A se faire du mal lui-même, parce qu'il ne peut pas faire de mal aux autres. Et parce qu'il a peut-être eu envie de se prouver quelque chose, lui aussi. Se montrer que son destin est aussi en partie entre ses mains. Faire comme s'il avait choisi ce chemin de souffrance. Mais il n'a pas envie de faire comme les autres. Il y en a tellement qui se détruisent en abusant de l'alcool et de la drogue. Lui, ce n'est pas son genre. Il est plutôt du genre à traverser la rue sans regarder, à jouer avec les couteaux, à sauter du premier étage, ce genre de comportements destructeurs. Lui, c'est sa propre chair qu'il a en horreur. Parce cette chair le trahit à chaque fois, qu'il souffre de ne pas pouvoir compter sur elle pour se défendre. C'est dans des moments comme cela qu'il le ressent. Il sait qu'il ne sera jamais que le fils adoptif de son père.


Cette histoire, nulle autre que moi la connaît. Cela fait partie de ces choses que je préfère laisser reposer dans l'ombre. Je souffre parce que je suis un incapable. Parce que je n'ai jamais eu le courage de dire les choses.
J'aurais dû leur dire.
A mon père, que je lui en voulais malgré ma reconnaissance.
A mes amis, que j'aurais voulu aussi du respect, pas uniquement qu'on m'accepte.
A lui...

Mais qu'est-ce que j'aurais bien pu lui dire, à lui ?
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#twits : 152
MessageSujet: Re: c'était au fond d'un rêve obsédant de regrets. (eugen) Dim 3 Aoû - 0:20

T'es beau Tu le sais déjà    Plus beau que en Paul Ca aussi tu le sais déjà    
Sinon baah je vais me répeter mais j'adore ton histoire, elle est géniale, elle m'a fait pleurer alors elle peut qu'être géniale hein !   

ALORS JE LAISSE UN MESSAGE AUX AUTRES, BANDE DE FEIGNASSES, PRENEZ DIX MINUTES(voir 20) POUR LIRE SA FICHE ET SON HISTOIRE PARCE QU'ELLE EN VAUT LA PEINE ET QUE SI VOUS LE FAITES PAS, J'VOUS TUE TOUS A COUP DE MARTEAU    VOUS ETES PRÉVENUS !   

Rebienvenue chez toi sinon.  
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#twits : 31
MessageSujet: Re: c'était au fond d'un rêve obsédant de regrets. (eugen) Dim 3 Aoû - 7:24

rebivenuuuue chouuu I love you
encore une fois... ton histoire est une tuerie ! (ouais, je l'ai relu juste avant d'partir, juste pour le plaisir des yeux *-*)
ATTENDS MON RETOUR POUR QUE JE VIENNE TE SAUVER ET QU'ON S'FASSE TOUT UN TAS DE RPS. (et batifole pas avec autrui ou j'te pète les dents)              

_________________

   
THERE'S A SYMPHONY IN MY HEAD
I am the crawling dead, the phantom in a box and the shadow in your head. Say it. Acid suicide and freedom of the blast, yeah. More human than human

   (c) Bloody Storm
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#twits : 99
MessageSujet: Re: c'était au fond d'un rêve obsédant de regrets. (eugen) Dim 3 Aoû - 9:24

Tito ton message, OMG.    C'est tellement émouvant, merci à toi, tu es juste adorable.    Ça fait tellement plaisir de recevoir un message comme ça sur sa fiche, tu ne peux même pas imaginer.    Bref tu l'auras compris, tu m'as rendu heureuse là.   

Sevan mon merveilleux, merci à toi.     Je sais que je suis irrésistible. Et ne t'inquiète pas, je n'attends que toi, en plus je tiens à mes dents donc tu peux être sûr que je serai très sage pendant ton absence.   Je t'embrasse.   
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MessageSujet: Re: c'était au fond d'un rêve obsédant de regrets. (eugen) Dim 3 Aoû - 9:50

C'est beau  je suis tellement sans voix, cette histoire est si touchante, et tu l'as si bien écrite  
C'est même pas la peine de te souhaiter la rebienvenue à ce stade  

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MessageSujet: Re: c'était au fond d'un rêve obsédant de regrets. (eugen) Dim 3 Aoû - 10:01

Oh, merci Maud pour ces jolis compliments.   
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MessageSujet: Re: c'était au fond d'un rêve obsédant de regrets. (eugen)

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c'était au fond d'un rêve obsédant de regrets. (eugen)

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